Inditex (Zara): bénéfice net annuel en hausse de 2 pour cent

Le numéro un mondial du textile Inditex a vu sa croissance ralentir en 2018, alors que le groupe propriétaire de Zara continue d'investir massivement pour développer les ventes en ligne.

Le bénéfice net du groupe espagnol fondé par Amancio Ortega a progressé de 2 pour cent à 3,44 milliards d'euros et son chiffre d'affaires de 3 pour cent à 26,15 milliards d'euros, moins que prévu par les analystes qui tablaient en moyenne sur 3,49 milliards de bénéfice et 26,35 milliards de chiffre d'affaires.

Mais il fait mieux que ses principaux concurrents, le Suédois H&M et le Japonais Fast Retailing (Uniqlo), tous deux en dessous des 20 milliards de ventes pour leur dernier exercice.

Lors de cet exercice décalé, du 1er février 2018 au 31 janvier 2019, Inditex confirme le ralentissement de sa croissance: son bénéfice avait progressé de 7 pour cent en 2017, 10 pour cent en 2016 et 15 pour cent en 2015.

Conséquence, le titre a dévissé à l'ouverture de la Bourse de Madrid, perdant 5,02 pour cent à 24,95 euros dans un marché à l'équilibre vers 10H35 (09H35 GMT) malgré une annonce d'augmentation des dividendes, à 88 centimes contre 75 en 2017.

L'augmentation des dividendes, prévue jusqu'en 2020 au moins, constitue, selon Rafael Sambola, professeur d'économie à l'EADA Business School de Madrid, "une manière de rendre l'action attractive" en attendant d'obtenir de meilleurs résultats de la vente en ligne.

"C'est une entreprise qui a énormément progressé, et évidemment, il y a maintenant un moment de pause", explique-t-il à l'AFP.

Inditex souligne l'effet des taux de change dans ce ralentissement, assurant que sans en tenir compte, son bénéfice aurait grimpé de 12 pour cent et son chiffre d'affaires de 7 pour cent.

Au troisième trimestre, l'entreprise avait souffert de ne pas suivre la politique de soldes de plusieurs concurrents.

En termes de ventes à nombre de boutiques constant, la société basée à Arteixo, en Galice (nord-ouest de l'Espagne), rate l'objectif qu'elle s'était fixé au second semestre, avec une croissance de 3 pour cent alors qu'elle espérait 4 à 6 pour cent.

Elle se fixe le même objectif pour 2019: 4 à 6 pour cent de croissance des ventes à boutiques constantes.

Virage numérique

Pour Neus Soler, professeure à l'Université ouverte de Catalogne et spécialiste du secteur textile, le ralentissement de la croissance s'explique aussi par le virage numérique du groupe, qui nécessite de coûteux investissements.

Le principal objectif d'Inditex, explique-t-elle à l'AFP, est d'articuler ventes en ligne et en boutique physique, de manière à ce que "le client puisse regarder le produit sur Internet et puisse ensuite l'acheter ou le récupérer en boutique, et à l'inverse: (...) vérifier la qualité, les couleurs, qui peuvent ne pas se voir très bien sur l'écran, et faire l'achat ensuite tranquillement chez soi".

De fait, Inditex a investi environ 1,6 milliard d'euros en 2018, un montant équivalent à ce qu'il fait depuis cinq ans avec pour objectif de développer la vente en ligne dans tous ses marchés et pour toutes ses marques (Pull&Bear, Massimo Dutti, Bershka, Stradivarius...) d'ici à 2020.

"Nous opérons une plateforme mondiale en ligne qui intègre totalement boutiques et numérique, et offre un énorme potentiel de croissance", s'est félicité le PDG Pablo Isla lors d'une conférence avec des analystes.

Les ventes en ligne ont progressé de 27 pour cent à 3,2 milliards d'euros, soit 12 pour cent du chiffre d'affaires total.

Inditex se félicite d'avoir mis en place, dans 49 marchés de sa marque emblématique Zara, le système RFID, d'étiquetage par radiofréquence, qui lui permet de mieux gérer ses stocks.

Et d'avoir étendu à de nouveaux pays (Australie, Canada) son service de livraison des commandes d'un jour sur l'autre, et le jour même pour plusieurs métropoles (Toronto, Moscou, Mexico, New York...).

Zara, qui représente deux tiers des ventes d'Inditex, doit dorénavant ouvrir fin mars sa boutique en ligne au Brésil, puis durant le printemps dans plusieurs marchés, notamment au Proche et au Moyen-Orient (Emirats arabes unis, Arabie saoudite, Israël...) et en Indonésie.

Les coûts de fonctionnement d'Inditex ont en outre augmenté de 4 pour cent, portés notamment par la hausse de 5 pour cent de la surface de ses magasins et de 1,5 pour cent de son effectif.

Inditex s'est en effet engagé dans une stratégie visant à privilégier les boutiques plus grandes et dans des lieux plus emblématiques. Le nombre de points de vente de l'ensemble de ses marques rebondit légèrement, à 7.490, alors qu'il avait baissé au troisième trimestre.(AFP)

Picture:Zara UK website