À Paris, une exposition hommage à l'amitié entre Alaïa et Mugler
loading...
Paris, - Quand l'amitié inspire et influence: la Fondation Azzedine Alaïa à Paris démontre à travers quelques dizaines de tenues comment les univers du créateur franco-tunisien et du couturier français Thierry Mugler se répondent et ce malgré leurs différences d'univers.
Taille très marquée, épaules gonflantes, inspirations africaines parfois... L'exposition "Azzedine Alaïa, Thierry Mugler, 1980-1990, deux décennies de connivences artistiques" présente à partir de lundi et jusqu'au 29 juin plus de 70 robes, manteaux et combinaisons des deux stylistes issus de la collection d'Azzedine Alaïa.
Le tout est présenté à travers un parcours chromatique, qui commence par une série de vêtements noirs, avant de laisser place au blanc, rouge, vert ou doré. Si Thierry Mugler, décédé en 2023, était célèbre pour son sens du show et ses fantaisies, son comparse, mort en 2017, était lui plus connu pour son goût de l'intime. Néanmoins, tous deux "admiraient beaucoup les années 1930 et 1950, ils ont cité Hollywood de manière beaucoup plus certaine que les autres couturiers", a expliqué à l'AFP Olivier Saillard, historien de la mode et commissaire de l'exposition. Dans certaines tenues, les similitudes sont tellement frappantes qu'"on ne sait plus vraiment qui est qui", assure le spécialiste.
Entre les deux hommes, tout a commencé à la fin des années 1970. Alors qu'Azzedine Alaïa travaille pour les grandes maisons, Thierry Mugler lui demande de réaliser les smokings de sa collection automne-hiver 1979-1980. Une collaboration qui incite Alaïa à se lancer dans la création, poussé par Mugler qui ira jusqu'à l'accompagner en 1982 à New York pour son premier grand défilé afin de l'aider à construire son show et jouer les traducteurs.
Quelques années avant sa mort, Thierry Mugler expliquait que son ami "l'avait encouragé à entrer un peu plus dans la vie, que ses créations étaient moins des fantasmes de création, qu'elles s'adaptaient plus aux femmes", rapporte M. Saillard.
À l'inverse, "Mugler pensait qu'à son contact, Alaïa était devenu plus sinueux. Les lignes étaient tout à coup devenues beaucoup plus caressantes ou sensuelles", poursuit-il. C'est dans ce contexte que la Fondation Alaïa a "voulu créer un dialogue, pour montrer la communauté d'esprit qui régnait entre les deux", assure le commissaire.