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160 millions d’euros de réserves : le nouveau front de la polémique autour de Refashion

En février 2026, la polémique autour de Refashion change de nature. À la publication de ses derniers comptes financiers, le débat ne porte plus seulement sur le niveau des aides au tri textile, mais sur le rythme de redistribution des éco-contributions face à des réserves élevées.

Pour bien comprendre la nouvelle polémique autour de Refashion, il convient de repositionner les acteurs. D’un côté, il y a Refashion, éco-organisme agréé par l’État français pour la filière REP textile (Responsabilité Élargie du Producteur). De l’autre, il y a les collecteurs, les centres de tri et les structures de réemploi ou recyclage.

Concrètement : les metteurs sur le marché français (marques françaises, internationales, distributeurs et plateformes e-commerce) de textiles, linge et chaussures paient une éco-contribution pour chaque article mis sur le marché. Refashion redistribue cet argent pour financer collecte, tri, recyclage et réemploi et fixe aussi des systèmes de bonus/malus censés orienter l’éco-conception.

En juillet 2025, FashionUnited relevait que la hausse du soutien au tri textile cristallisait les tensions entre Refashion et les opérateurs. En cause : un désaccord persistant sur le niveau de soutien financier versé au tri – autour de 223 à 224 euros par tonne –, que les opérateurs jugent insuffisant. Certains plaident même pour environ 287 euros par tonne, voire près de 300 euros, face à l’explosion des volumes et à la fragilisation des débouchés internationaux.

Arbitrage : quand la REP textile préfère épargner plutôt que dépenser

Début 2026, la polémique refait surface dans le débat entre Refashion et les opérateurs de tri. Elle glisse vers les réserves financières, la trésorerie élevée et le rythme de redistribution de Refashion.

Ce qui alimente aujourd’hui la polémique tient moins au niveau des 143 millions d’euros d’éco-contributions collectés en 2024 qu’au décalage entre ces montants et leur redistribution : environ 34 millions d’euros ont été versés au tri la même année, alors que la trésorerie et les réserves cumulées avoisinaient, cette même année, 160 millions d’euros (source : documents financiers Refashion).

Autrement dit : Refashion arbitrerait en faveur d’une gestion financière prudente, alors que les opérateurs réclament une redistribution plus rapide pour faire face à la crise.

Mais pourquoi Refashion ralentit-il la redistribution alors que les réserves sont élevées ? La réponse se trouve dans ses documents financiers. Refashion prévoit environ 1,2 milliard d’euros de dépenses sur la durée de l’agrément (2023 à 2028).

L’éco-organisme met en avant une gestion financière inscrite dans la durée, avec des engagements pluriannuels destinés à sécuriser le financement futur de la filière. Une prudence à laquelle les opérateurs répondent par l’urgence économique immédiate. CQFD.

Complément d’enquête : pour 2025, après arbitrage de l’État, l’enveloppe est passée à 49 millions d’euros pour les acteurs du tri. Pour 2026, les prévisions seraient de 57 millions d’euros avec une revalorisation à 228 euros par tonne.


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