Paris - L'enseigne de vêtements New Look France, placée fin mars en redressement judiciaire, n'a pas trouvé de repreneurs sérieux, ce qui entraînera la liquidation judiciaire de l'entreprise et le licenciement des salariés, a-t-on appris vendredi auprès de l'avocate mandatée par le comité d'entreprise.

Vendredi était la date limite pour le dépôt d'offres de reprise au tribunal de commerce de Paris. Seules deux offres « peu crédibles, pas viables » ont été faites pour un seul magasin à Paris, a indiqué Me Judith Krivine.

« La direction va demander au tribunal de commerce de prononcer la liquidation judiciaire, vraisemblablement le 24 juin ou le 1er juillet. Tous les salariés seraient licenciés en juillet, sauf les salariés protégés » (représentants du personnel), compte tenu « du délai » d'examen de leur licenciement par l'administration du travail, a ajouté l'avocate.

Actuellement, l'entreprise, filiale du groupe britannique New Look, compte « 31 magasins et 353 salariés en CDI », des effectifs qui montent à « un peu plus de 400 personnes avec les CDD », a-t-elle précisé.

Me Krivine souhaite que la maison mère britannique « participe à l'accompagnement des salariés » licenciés et qu'il abonde le plan social. « Il faut que le gouvernement s'y emploie car il n'est pas acceptable que ce soit au final l'Etat et les salariés français qui soient les dindons de la farce des choix stratégiques faits par un groupe anglais », qui a « un fonds d'investissement sud-africain derrière lui » et qui a touché « plus d'un million d'euros de CICE » (crédit d'impôt compétitivité emploi) de l'Etat français, a-t-elle souligné.

Un liquidation judiciaire attendue

L'absence de repreneurs « n'est pas une surprise, on s'y attendait », a déclaré Moussa Keita, délégué du personnel du syndicat SUD. « Le gouvernement a des responsabilités » dans cette affaire, « on l'a interpellé depuis septembre et il n'a pas bougé », a-t-il dénoncé.

En difficulté, le groupe d'habillement à bon marché avait lancé en septembre 2018 un plan de restructuration prévoyant des fermetures de magasins et des suppressions d'emplois en France. Ce projet avait été abandonné avec l'arrivée en novembre de nouveaux dirigeants. Fin février, cette nouvelle direction avait annoncé qu'elle recherchait des repreneurs pour toutes les activités françaises.

La nomination de cette nouvelle direction, appuyée par le cabinet Deloitte, visait à « organiser la liquidation comme cela a été le cas en Belgique » précédemment, selon Me Krivine. L'enseigne avait été placée le 25 mars en redressement judiciaire par le tribunal de commerce de Paris.(AFP)