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BHV Marais : derrière le futur hôtel de luxe, la recomposition d’un monument parisien du commerce

Le BHV Marais n’est plus seulement un grand magasin en quête de relance. Le bâtiment de la rue de Rivoli s’impose désormais comme un actif immobilier de premier plan, au cœur d’une transformation qui dépasse son seul périmètre commercial.

Depuis la prise de contrôle des murs par le fonds canadien Brookfield Asset Management fin janvier 2026, le dossier a changé d’échelle. Situé face à l’Hôtel de Ville, dans un Marais devenu l’un des quartiers les plus valorisés de la capitale, l’immeuble s’inscrit dans une dynamique plus large de recomposition du commerce urbain parisien.

Un projet encore largement opaque

À ce stade, Brookfield n’a pas détaillé publiquement le projet dans son ensemble. Les arbitrages immobiliers, le calendrier des travaux et la structuration juridique de l’opération restent peu lisibles. Comme souvent dans ce type d’actifs, les informations circulent par fragments, au gré de sources de marché et de recoupements médiatiques.

Une direction se dessine néanmoins. Le BHV historique pourrait voir une partie significative de ses surfaces reconfigurée autour d’un modèle hybride mêlant commerce, enseignes internationales et hôtellerie haut de gamme.

Selon plusieurs informations concordantes relayées notamment par Challenges, le grand magasin exploité par la Société des Grands Magasins de Frédéric Merlin n’occuperait plus qu’environ 40 % des 45 000 mètres carrés du site à terme. Le reste serait transformé dans une logique désormais répandue sur les grandes adresses urbaines : faire évoluer un magasin vers une destination multifonctionnelle.

L’hypothèse d’un hôtel de luxe dans les étages

Parmi les pistes évoquées figure l’installation d’un hôtel de luxe dans les étages supérieurs, avec l’Experimental Group parmi les opérateurs pressentis. L’information n’a pas encore fait l’objet d’une annonce détaillée, mais elle s’inscrit dans une tendance désormais bien installée sur les actifs prime européens.

Dans ces emplacements, le commerce seul ne suffit plus à soutenir la valorisation. L’hôtellerie, la restauration et les usages expérientiels sont devenus des leviers centraux dans les équations économiques des propriétaires.

Aroxys, un acteur discret au cœur du dispositif

Dans cette transformation, un nom revient avec insistance : Aroxys. Fondée en 2024 par Ara Adjennian, la société accompagnerait Brookfield dans la conduite du projet.

Le parcours de son fondateur éclaire ce positionnement. Passé par MIMCO Asset Management, DTZ Investors, Thor Equities et Cushman & Wakefield, il évolue dans le champ de l’investissement immobilier et du repositionnement d’actifs complexes.

Le recours à une structure récente sur un dossier de cette envergure interroge, naturellement. Il pourrait toutefois traduire moins une absence d’expérience qu’un choix assumé de s’appuyer sur une expertise très spécialisée des transformations du commerce urbain, en dehors des circuits traditionnels du conseil immobilier institutionnel. Une tendance plus large qui se dessine, celle de mandats confiés à des équipes très spécialisées capables d’intervenir sur des actifs hybrides, en marge des schémas classiques du conseil immobilier.

Les fragilités du modèle d’exploitation actuel

Ce projet intervient alors que l’exploitation du BHV traverse une période hautement chahutée. Depuis la reprise du fonds de commerce par Frédéric Merlin, les tensions se sont multipliées : relations fournisseurs dégradées, départs de marques, interrogations sur la fréquentation et climat social tendu.

La récente polémique autour d'un projet d'accueil de l'enseigne d'ultra-fast-fashion Shein a mis en lumière les contradictions de l'exploitant. Tiraillé entre l'obligation d'attirer un flux de masse pour honorer des loyers parisiens et la nécessité de préserver l'ADN d'un grand magasin historiquement populaire, le modèle de la SGM est sous haute tension.

Un actif phare face à un changement de modèle

Au-delà des négociations en cours, le dossier pose une question plus large : celle du devenir des grands magasins historiques dans les centres-villes les plus chers d’Europe.

Dans ces environnements, la valeur immobilière tend désormais à dépasser la logique commerciale traditionnelle. Le bâtiment devient alors un support d’usages multiples, où le retail n’est plus qu’un élément parmi d’autres.

Fondé en 1856, quatre ans après Le Bon Marché, le BHV reste l’un des derniers grands magasins capables de concentrer à la fois mémoire commerciale parisienne et enjeux contemporains du luxe urbain.

Une transformation encore en cours de définition

À ce stade, de nombreuses variables restent ouvertes. Les montants d’investissement, les accords entre parties prenantes, les autorisations administratives ou encore le calendrier précis des travaux n’ont pas été rendus publics.

Cette relative opacité est habituelle pour ce type d’opération immobilière, en particulier lorsqu’elle concerne des actifs emblématiques. Elle laisse toutefois place à des interprétations sur la trajectoire finale du site : simple modernisation d’un grand magasin ou transformation plus profonde vers un actif hybride intégré aux logiques immobilières internationales.

Mise à jour : L'équipe de FashionUnited a tenté de joindre Aroxys afin d’obtenir des confirmations et des précisions sur son rôle dans le projet. À ce stade, nos sollicitations sont restées sans réponse.

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