Comment American Apparel a réduit les vols internes de 30 pour cent en utilisant la technologie RFID

RIFD : un nom barbare que peu d’entre nous connaissent. Et pourtant, nous utilisons tous les jours cette technologie qui permet de nous identifier à partir d’ondes et de rayonnements radiofréquence. Quelques exemples anodins duquotidien : le badge que nous utilisons pour entrer dans le métro ou dans une salle, ou encore les systèmes de péage d’autoroute sans arrêt, les contrôles d’accès de parking etc. Beaucoup d’objets aussi d’ailleurs connaissent cette technologie qui leur permet d’être identifiés depuis leur lieu de fabrication jusqu’au point de vente en passant par les lieux de stockage.

Quelle différence avec le code barre ? L’étiquette RFID est plus intelligente en quelque sorte puisqu’elle permet de stocker certaines données. Elle a de nombreux avantages comme la Lecture/écriture sans contact, la protection par mot de passe, la possibilité de réinscrire ( et donc de recycler l'étiquette). Grosso modo, la différence principale entre ces deux technologies est que le codage à barres se lit avec un laser optique et que le lecteur RFID balaye ou interroge une étiquette en utilisant des signaux de fréquence radio. On peut ainsi imaginer que dans un futur pas si lointain, des robots pourront retrouver des objets grâce à des puces RFID ou, pourquoi pas, se diriger avec succès vers un patient qui a besoin d’un traitement pour le lui administrer. Pour les commerces, cette technologie permettra à terme de diffuser des spots publicitaires en fonction des intérêts des clients qui passeront à proximité. Minority Report, nous voilà !

Bref, ce sont les codes barre du futur. Et pourtant, on continue encore aujourd’hui de percevoir la RFID comme un échec dans la logistique. « Sans doute parce que l'on s'attendait à une révolution, explique Jean-Christophe Lecosse, directeur général du Centre National de Référence RFID, alors qu'il s'agit d'une technologie qui doit prendre son temps et avancer par étape. » Le secteur du textile semble cependant faire de plus en plus les yeux doux à cette technologie, ce qui ne surprend pas Jean-Christophe Cosse : « les succès actuels de la RFID se font dans des entreprises à la supply chain intégrée, car elles ont la maîtrise de toute la chaîne de valeur de la RFID. Decathlon, par exemple, gagne à chacun des maillons à utiliser de la RFID, depuis la production jusqu'à la distribution, en passant par les entrepôts. A chaque niveau, l'enseigne peut bénéficier de son usage. »

Inditex s'équipe d'une solution RFID pour tracer ses produits

Decathlon n’est pas la seule entreprise d’envergure à utiliser cette technologie. Le groupe Inditex a décidé lui aussi de s’équiper d'une solution RFID pour tracer ses produits, afin de faire un meilleur suivi des envois et des stocks. La société Checkpoint va fournir aux centres de distribution d'Inditex, une solution d’encodage à grande échelle des articles au moyen d’étiquettes RFID pour vêtements, qu’ils soient conditionnés en cartons, sur palettes ou sur cintres. Cette solution est jugée plus rapide, précise et permet surtout d'éviter d'avoir à ouvrir manuellement les cartons et à traiter les vêtements un à un. Chaque produit est alors associé à un code unique permettant au distributeur de gérer automatiquement son inventaire.

L'objectif du distributeur est dans ce cas précis d’automatiser l'expédition des vêtements depuis les centres de distribution vers les magasins, en évitant les erreurs de quantité, de modèle, de taille ou de couleur. La technologie RFID permet de vérifier automatiquement l'exactitude du contenu des cartons avant qu'ils ne soient envoyés aux magasins. Elle est déjà opérationnelle dans plus de 700 magasins Zara dans 22 pays.

« 1 million de dollars d'économies » pour American Apparel

Plus iconoclaste, alors que ce n’est pas le but initial de cette technologie, le groupe American Apparel a trouvé un bénéfice secondaire aux étiquettes RFID. Ce n’est plus tout à fait Minority Report mais plutôt Big Brother dans ce cas là, puisque la griffe américaine se sert de cette technologie pour réduire ses vols internes.

Initialement, American Apparel a d’abord déployé la RFID pour améliorer le niveau de précision de l'inventaire. Cependant, la marque a vite compris qu'elle pouvait utiliser les données de la RFID pour créer des « rapports d'exception » qui identifient certaines catégories de produits sujettes au vol interne.

Le bilan est frappant : American Apparel a réduit les vols de plus de 30 pour cent sur l’ensemble de la chaine d’approvisionnement. "Cela équivaut à plus de 1 million de dollars d'économies indique Bleu Montez, directeur mondial d'American Apparel de la protection des actifs et la gestion des risques. La plus grande partie est attribuable à la RFID, à notre contrôle des stocks et des initiatives de protection des actifs," Des résultats jugés positifs par la marque qui considère que la majorité des vols internes chez les détaillants moyens est à la hausse.