Espagne : une gigantesque fabrique de parfums contrefaits démantelée en Catalogne
Une gigantesque fabrique qui élaborait des dizaines de milliers de litres de parfum imitant une cinquantaine de marques de luxe pour les écouler vers le reste de l'Europe via la France a été démantelée en Catalogne (nord-est de l'Espagne), ont annoncé mardi les autorités espagnoles.
Le ministère des Finances espagnol décrit cette installation comme « la plus grande fabrique de parfums de contrefaçon d'Europe à ce jour ».
Onze personnes ont été mises en examen pour appartenance à une organisation criminelle, contrebande et atteinte à la propriété industrielle à l'issue de l'enquête. Celle-ci n'est pas encore terminée et pourrait donner lieu à de nouvelles interpellations, précise le ministère dans un communiqué.
Une saisie record de 94 millions d'euros
Le trafic a été découvert en octobre, mais les arrestations et perquisitions ont eu lieu le 8 février lors d'une vaste opération impliquant les services de douanes espagnols et français ainsi que les Mossos d'Esquadra (police catalane).
Au total, plus de 1,2 million de produits de contrefaçon ont été saisis dans trois entrepôts situés près de Gérone, à proximité de la frontière française. La valeur de la marchandise est estimée à plus de 94 millions d'euros, sur la base des prix des produits authentiques pratiqués sur le marché.
Une capacité de production industrielle
L'usine disposait d'une infrastructure de pointe. Selon le communiqué, elle comptait « sept lignes de production d'une capacité potentielle estimée à quatre millions de flacons par an » et possédait des « matières premières pour la fabrication de 150 000 litres des différentes fragrances ».
Stockage, étiquetage, conditionnement : le réseau était extrêmement structuré et disposait de tout le matériel nécessaire pour simuler les produits de luxe. Dans le détail, les agents ont saisi plus de 850 000 parfums de contrefaçon dans un premier entrepôt et 350 000 dans un second site.
La France, porte d'entrée du trafic européen
La coopération transfrontalière a été la clé de ce démantèlement. Après avoir intercepté plusieurs milliers de flacons faussement étiquetés « très fragile », la douane française avait alerté son homologue espagnole.
Des filatures ont ensuite permis de mettre au jour l'ampleur du réseau. Le trafic rayonnait vers la France et d'autres pays européens à bord de camions et de camionnettes enregistrés notamment en Roumanie.
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