Global Fashion Summit 2026 : LVMH propose un observatoire collectif des matières premières
Au Global Fashion Summit 2026, LVMH ne parle plus seulement de circularité, de recyclage ou d’agriculture régénératrice, mais commence à poser la question de la gouvernance collective des matières premières stratégiques.
Lors de la conférence « Une nouvelle ère d'impact : luxe et intelligence environnementale » organisée au Global Fashion Summit mai 2026, Hélène Valade, directrice Développement Durable LVMH, a suggéré la création d’un « observatoire prospectif des matières rares ». L’objectif serait d’identifier collectivement les risques à long terme pesant sur les matières premières stratégiques utilisées par l’industrie du luxe et de la mode.
« À l’échelle internationale, le réchauffement climatique a des impacts sur nos chaînes d'approvisionnement de manière de plus en plus visible, a expliqué Hélène Valade. Cela touche un certain nombre de matières qui sont stratégiques pour l'industrie du luxe. »
Le coton, eu égard à sa consommation d’eau, est cité comme exemple principal. La responsable affirme que certaines zones de production deviennent critiques. Elle évoque explicitement le risque qu’« à terme ce soit terminé » si les pratiques agricoles n’évoluent pas. D’autres matières sont évoquées comme le cachemire et le cuir.
Une open source data dans une logique de coopération internationale
« Nous devons construire une stratégie d'adaptation pour promouvoir la résilience des filières à l'avenir, ajoute la directrice. La résilience est la régénération du business. Mais la résilience est d’abord la régénération de la biodiversité. »
En l’état, des données existent mais elles sont dispersées entre différents acteurs : chercheurs, marques, fédérations et filières industrielles. L’idée serait donc de les centraliser pour produire une lecture commune des risques, dans un esprit de collaboration interprofessionnelle et non comme une initiative centrée sur les maisons du groupe LVMH.
« Mon rêve est de créer un observatoire prospectif aux matériaux rares, afin d'identifier collectivement les risques à long terme pour chaque matériau stratégique, et d'agir collectivement », précise Hélène Valade.
L’open source data servirait à : cartographier les risques climatiques ; mesurer les impacts sur la disponibilité des matières, leur qualité, leurs coûts et la résilience des filières ; produire des données scientifiques partagées ; hiérarchiser les urgences ; et décider collectivement des zones ou matières à transformer en priorité.
Parmi les partenaires potentiels cités se trouvent le Global Fashion Agenda, l’association Paris Good Fashion, les fédérations professionnelles françaises et italiennes, les acteurs de la recherche, les fournisseurs et les marques de mode et de luxe. Ainsi, grâce à la Fédération de la Haute Couture et de la Mode, un travail a débuté dans ce sens dans la région de Santa Croce (Italie).
L’observatoire ne serait pas seulement un outil d'étude, mais aussi une aide à la décision, un levier pour transformer les cahiers des charges fournisseurs, un moyen d’accélérer les pratiques d’agriculture régénératrice pour, à terme, sécuriser les approvisionnements.
À partir des résultats, les partenaires pourraient décider collectivement de privilégier certains pays, d’accompagner certaines cultures, d’investir dans certaines filières ou de transformer les pratiques agricoles.
À ce stade, le projet est une proposition. Aucun lancement officiel n’est annoncé.
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