La filière textile-habillement engage une transformation des pratiques d’emballage
Les principales fédérations de la mode et du textile s’unissent, autour d’une feuille de route 3R (Réduction, Réemploi, Recyclage), pour apporter une réponse commune aux enjeux environnementaux et réglementaires liés aux emballages.
Sous la pression de la loi AGEC et de la réglementation européenne sur les emballages, les principales fédérations de la mode et du textile* engagent une mobilisation inédite.
L’initiative a pour objectif de transformer les pratiques d’emballage à l’échelle de toute la filière, réduire l’impact environnemental en préservant la viabilité économique des acteurs de la filière.
Ce secteur représente près de 12,2 milliards d’unités d’emballages de vente, soit environ 658 000 tonnes par an, auxquelles s’ajoutent 228 000 tonnes d’emballages de transport et de regroupement. Si le plastique ne représente que 19 % des volumes, il demeure majoritaire en nombre d’unités.
Le concept clé est la définition du « juste emballage »
Au-delà des objectifs, la feuille de route repose sur une méthodologie structurée. Plus de cent solutions ont été analysées, dont 33 étudiées en profondeur et 17 priorisées en fonction de leur potentiel de déploiement à l’échelle du secteur. Des projections ont également été établies à horizon 2040, afin de quantifier les gains environnementaux attendus.
Le périmètre de la feuille de route couvre les emballages de vente, le regroupement et le transport sur toute la chaîne de valeur : fils, tissage/tricotage, ennoblissement, confection, distribution et e-commerce.
Les leviers d’action sont : la réduction des emballages (optimisation des formats, épaisseurs et poids, substitution vers des matériaux alternatifs) ; le réemploi des mandrins, palettes, caisses, colis, PLV ; et le recyclage (simplification des matériaux, suppression d’éléments non recyclables, renforcement de la traçabilité).
Pour les acteurs de la filière, l’enjeu dépasse la seule conformité réglementaire. Il s’agit également de mutualiser les investissements, de structurer la recherche et d'accélérer le passage à l’échelle, dans une logique de standardisation des pratiques. L’objectif est de concilier réduction de l’empreinte environnementale et maintien de la compétitivité du secteur.
Comme le souligne Clarisse Reille, directrice générale du Défi, dans le communiqué : « dans un secteur fragmenté, le collectif est le seul moyen de réussir la transition et de construire des solutions techniquement viables, économiquement soutenables et industrialisables ».
À terme, la démarche pourrait aboutir à la définition de cahiers des charges communs à l’échelle de la filière, étape supplémentaire vers une transformation systémique des pratiques d’emballage dans l’industrie de la mode.
- L’Alliance du Commerce, la Fédération de la Haute Couture et de la Mode (FHCM), la Fédération de la Maille, de la Lingerie et du Balnéaire, l’Union Française des Industries Mode et Habillement (UFIMH) et l’Union des Industries Textiles (UIT) sont à l’origine de cette initiative collective.
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