Le conflit dans le secteur textile se poursuit au Bangladesh, incidents violents avec la police

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Des ouvriers du secteur de l'habillement bloquent une route lors d'une manifestation réclamant une hausse du salaire minimum, à Dacca, le 1er novembre 2026. Credits: Photo de Shamim-us-Salehin / AFP
Par AFP

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Ashulia - La mobilisation des ouvriers du textile du Bangladesh pour obtenir de meilleurs salaires s'est durcie lundi dans la capitale Dacca et ses faubourgs, où les incidents violents avec la police se sont multipliés.

Le secteur constitue la colonne vertébrale de l'économie du pays, deuxième exportateur mondial de vêtements : il emploie des millions de personnes et génère l'essentiel des recettes de devises du pays.

Depuis la semaine dernière, nombre de ses employés ont cessé le travail pour obtenir le doublement de leur salaire minimum, sur fond de forte inflation — plus de 8% en rythme annuel en septembre — et de crise énergétique mondiale.

Dimanche, le gouvernement a mis en place un comité chargé de renégocier leurs salaires. Insuffisant, ont estimé les ouvriers en colère, qui sont à nouveau descendus dans les rues de la capitale.

Lundi, des centaines d'entre eux ont bloqué l'autoroute reliant Dacca à Tangail, brûlant plusieurs véhicules. D'autres ont défilé dans le district de Mirpur, au nord de la capitale, où la police les a dispersés avec des gaz lacrymogènes, ont constaté des journalistes de l'AFP.

Des échauffourées ont été signalées dans les districts de Narsinghpur et Ashulia, sièges de quelques-unes des plus grandes usines du pays. "La police a tiré des grenades lacrymogènes dans nos quartiers. Nous y vivons avec nos enfants mais ils s'en moquent", a témoigné auprès de l'AFP Kamona, 24 ans, une ouvrière du district d'Ashulia.

"Le gouvernement a accordé des hausses de salaires à ses agents, pourquoi pas à nous ?", a demandé Mamun, 28 ans. "Les prix de l'alimentation, du gaz et de l'électricité ont augmenté. Le gouvernement doit les faire baisser ou alors nous augmenter".

Les autorités ont répété lundi leur volonté de réprimer les troubles et de ramener l'ordre dans le secteur.

"Main de fer"

"Nous nous attaquerons à tous ceux qui s'engagent dans des activités illégales et des complots sous couvert de mouvement social avec une main de fer", a menacé devant la presse le ministre de l'Intérieur.

Salahuddin Ahmed a pointé du doigt "certaines factions soutenues par le régime autocratique déchu", allusion au parti — la Ligue Awami, désormais interdite — de l'ex-Première ministre Sheikh Hasina poussée à l'exil après plusieurs semaines d'émeutes en 2024.

Le gouvernement est dirigé par le Parti nationaliste du Bangladesh (BNP) de Tarique Rahman, grand vainqueur des élections législatives de février.

Selon des témoignages recueillis par l'AFP auprès des ouvriers en grève, la police a procédé à un nombre indéterminé d'interpellations.

La principale organisation de producteurs textiles du Bangladesh a averti lundi que "des troubles prolongés pourraient perturber la production, retarder les exportations et remettre en cause les engagements du Bangladesh auprès des acheteurs étrangers", selon l'agence de presse nationale BSS.

"C'est nous qui faisons tourner l'économie du pays", a rappelé à l'AFP un ouvrier, Sharmin, 24 ans, "il faut que nous soyons entendus".

Le salaire moyen des ouvriers du textile est estimé actuellement à 13.000 takas (94 euros) par mois, selon Kalpona Akter, un responsable du Centre bangladais de solidarité avec les travailleurs.

"Cette fois, nous demandons un peu plus de 30.000 takas", a-t-il déclaré à l'AFP.

Les milliers d'usines réparties à travers le Bangladesh produisent des vêtements, notamment des T-shirts, des jeans et des pulls, pour les grandes enseignes de distribution en Europe et aux États-Unis.

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