Les enseignements clés pour comprendre les mutations de la mode en 2026
Quels leviers vont façonner le marché de l'habillement ces prochains mois ? Réunis ce jeudi à l'Institut Français de la Mode, les experts de l'Observatoire économique ont livré leurs enseignements clés sur l'année 2025 pour mieux anticiper les défis et les opportunités qui attendent les acteurs de la mode en 2026.
Selon les dernières données de l’INSEE et du panel IFM, le marché de l’habillement (accessoires compris) a totalisé un chiffre d’affaires d’environ 35 milliards d’euros. Si ce montant témoigne d’une certaine solidité, il reste en deçà des 37 milliards d’euros enregistrés en 2019, marquant un recul de 7,0 % sur cette période de référence.
Une fracture accentuée entre le physique et le digital
L’année 2025 s’est soldée par un léger repli des ventes en valeur de 1,6 % par rapport à 2024. Toutefois, cette moyenne occulte une disparité flagrante selon les canaux de distribution. Alors que les points de vente physiques accusent une baisse de 2,7 %, le commerce en ligne progresse de 1,2 %. Au total, en 2025, les ventes d'habillement et de textile sur Internet sont supérieures de 12,4 % à celles de 2019.
Pour les détaillants, ces chiffres soulignent l’impératif d’une stratégie omnicanale robuste, le flux en magasin ne suffisant plus à compenser l’érosion structurelle de la consommation physique.
La seconde main et l’ultra fast fashion : les nouveaux piliers du volume
Le classement des acteurs du marché en volume illustre le bouleversement des habitudes de consommation. Le Top 10 est désormais dominé par des modèles basés sur le prix ou l’usage, avec en tête des enseignes telles que Vinted, Kiabi, Amazon, Decathlon et Shein.
L’essor de la seconde main n'est pas un scoop. Les sites spécialisés tels que Vinted et Vestiaire Collective représentent dorénavant 17 % des achats effectués en ligne. Autres chiffres intéressants : la seconde main totalise seulement 4,2 % des achats en valeur chez les 55 ans et plus (contre 18 % chez les 18-24 ans), une cible qui reste donc encore à conquérir.
L'habitude d'achat de mode de seconde main impacte aussi de manière directe les achats de neuf. Selon un sondage réalisé par l'IFM, 28% des répondants affirment que depuis qu'ils achètent de la seconde main, ils trouvent que les produits neufs sont excessivement chers et affirment qu'ils privilégient donc systématiquement la seconde main.
De côté de l’ultra fast fashion, le trio composé de Shein, Temu et AliExpress capte 6 % des volumes d’achats en France. Au global, Plus d'un tiers des consommateurs français (38%) ont déjà eu recours à ces plateformes, attirés surtout par des prix bas, une profondeur d’offre et une diversité de tailles.
Pour un grand nombres de ces acheteurs, l'aspect éthique des enseignes classiques et celles d'ultra fast fashion est équivalente. Ils sont ainsi 38 % à estimer que les conditions de travail dans l’ultra fast fashion sont identiques à celles des autres enseignes, et 45 % à juger que l’impact environnemental des plateformes d’ultra fast fashion est similaire à celui des autres enseignes
Et la première cible des palteformes d'ultra fast fashion sont les jeunes femmes de 16 à 24 ans. Elles représentent 56 % des consommateurs sur ce cannal de prix très bas. Juste derrière elles, les femmes de 25-34 ans sont les plus grandes acheteuses (54%) d'ultra fast fashion.
Évolution des prix et produits phares
En 2025, le prix moyen d’achat pour l’ensemble du secteur de la mode s'est établit à 22 euros. Dans le détail, le vestiaire masculin reste dominé par le tee-shirt (16 euros), tandis que chez la femme, le trio de tête en volume se compose du tee-shirt (13 euros), de la robe (34 euros) et du jean (32 euros).
Concernant les perspectives pour 2026, les distributeurs anticipent une gestion prudente de leurs étiquettes. L’évolution moyenne des prix de vente en magasin est attendue à + 0,7 %, un signe que les commerçants tentent de préserver leurs marges sans pour autant déconnecter leur offre du pouvoir d’achat des Français.
Selon les experts de l'IFM, la consommation d’habillement et de textile devrait se stabiliser en 2026 avec un léger recul de 0,5 % en valeur (pour le scénario médian).
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