Loi française anti ultra-fast-fashion : la Chine menace de représailles

Pékin - La Chine a averti mercredi que la France s'exposait à de possibles mesures de rétorsion après l'adoption de la loi visant à contrer l'essor de la mode jetable, ou "ultra fast-fashion", dénonçant une réglementation "discriminatoire" et contraire aux principes du commerce.

Adopté par le Parlement français à la fin du mois dernier et devant imposer, à partir du 1er septembre, un malus financier à chaque article de mode éphémère, le texte cible les grandes plateformes asiatiques de commerce en ligne comme Shein, Temu et AliExpress.

Les entreprises de l'"ultra-fast fashion" sont connues pour vendre de très gros volumes de vêtements de faible qualité à des prix cassés, contribuant largement à la pollution liée à l'industrie textile, un important émetteur de gaz à effet de serre.

Un porte-parole non identifié du ministère chinois du Commerce a déclaré mercredi que la nouvelle loi française, "sous couvert de fixer de prétendues normes de 'protection de l'environnement' et de 'durabilité', mettait en réalité en oeuvre des mesures d'exclusion".

Cette réglementation est "suspectée de violer le principe de non-discrimination de l'Organisation mondiale du commerce (OMC) et constitue une barrière commerciale à l'encontre de la Chine", a-t-il ajouté.

"Nous exhortons la France à respecter les règles de l'OMC et à corriger immédiatement ces pratiques discriminatoires", a-t-il poursuivi, tout en avertissant que des "mesures nécessaires de rétorsion" pourraient être prises "si les droits et intérêts légitimes des entreprises chinoises venaient à être bafoués".

Les pénalités financières prévues par la nouvelle loi française s'appliqueront à certains produits textiles fabriqués en série. Leurs montants augmenteront progressivement jusqu'en 2030, jusqu'à 20 euros par pièce de vêtement, avec un plafonnement à 50% du prix hors taxe.

La nouvelle loi interdira également la publicité pour les marques de vêtements bon marché produites en masse, y compris par l'intermédiaire d'influenceurs sur les réseaux sociaux.

Le ministre français du Commerce, Serge Papin, a déclaré le mois dernier que les trois entreprises asiatiques étaient les principaux acteurs visés par le texte, estimant qu'elles étaient à l'origine de l'essor de l'ultra-fast fashion. Des voix se sont élevées toutefois en France contre cette loi, critiquant le fait qu'elle épargnait les entreprises européennes et françaises de mode à bas coûts, dont Zara et Kiabi.

Par ailleurs, la Commission européenne a émis des réserve quant à la conformité des dispositions relatives à la publicité avec le droit de l'Union européenne.


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