Marché indien : le Comité Colbert signe un accord pour faciliter l'implantation du luxe français
Mercredi 1ᵉʳ juillet 2026, le Comité Colbert a officialisé un accord de coopération, Memorandum of Understanding (MoU), avec la Chambre de commerce et d'industrie franco-indienne. L'ambition est d'accompagner le développement des maisons de luxe françaises en Inde et de lever les principaux freins à leur implantation sur ce marché en pleine croissance.
La formalisation du partenariat s'est déroulée en présence de Sanjeev Singla, ambassadeur d'Inde en France, d'Éléonore Caroit, ministre déléguée auprès du ministre de l’Europe et des Affaires étrangères, chargée de la Francophonie, des Partenariats internationaux et des Français de l’étranger, et de Marc-Antoine Jamet, secrétaire général de LVMH.
Le Comité Colbert entend accélérer le développement du luxe française en Inde
Le constat : les marques se sont implantées relativement tôt en Inde, mais beaucoup ont ensuite ralenti leurs investissements faute de croissance.Selon Bénédicte Epinay, déléguée générale du Comité Colbert, la situation a profondément évolué ces dernières années et les griffes doivent réévaluer le potentiel du marché indien.
L’Inde compte de nombreuses métropoles de plus de dix millions d'habitants et est aujourd'hui le troisième pays au monde en nombre de milliardaires. Elle comprend également une importante population de millionnaires.
Pour exprimer ce potentiel, Marc-Antoine Jamet a cité quelques chiffres : dix millions de mariages sont célébrés chaque année en Inde. Un mariage dure en moyenne quatre jours. Pour l'un d’entre eux, les convives portent des tenues occidentales, créant, par là même, des débouchés pour les maisons françaises.
Autre signal : LVMH emploie environ 300 salariés en Inde, contre approximativement 20 000 en Chine. Le groupe souhaite atteindre un niveau comparable à celui de la Chine et disposer d'autant de magasins en Inde qu'en France.
Le rapprochement commercial avec l'Inde apparaît comme une réponse aux incertitudes liées aux relations commerciales avec les États-Unis et la Chine. Cependant, il existe encore trois freins pour pénétrer ce marché.
Les barrières non tarifaires (BIS), principal frein au développement du luxe en Inde
Le Comité Colbert fait de la simplification des barrières non tarifaires sa priorité. Les contraintes concernent, notamment, les procédés de tannerie et certaines substances chimiques, interdites en Inde et autorisées dans d’autres pays. Les entreprises doivent effectuer de nombreuses démarches administratives auprès de multiples autorités.
Pour certaines maisons de luxe, les coûts de mise en conformité sont équivalents, voire supérieurs, au chiffre d'affaires réalisé en Inde.
Les droits de douane restent très élevés sur de nombreuses catégories de produits. Ils constituent le premier obstacle à l'entrée sur le marché. Mais les accords de libre-échange entre l'Union européenne et l'Inde devraient progressivement supprimer ces droits. L'objectif annoncé est qu'il n'y ait plus de droits de douane d'ici environ cinq ans.
Selon le représentant de l'Union européenne, il s'agit du plus important accord de libre-échange jamais conclu entre l'Union européenne et un pays. Il devrait faciliter aussi bien les exportations européennes vers l'Inde que les échanges de matières premières (diamants, pierres précieuses, etc.).
Côté distribution, les centres commerciaux premium sont récents. Les principaux malls performants ont été créés au cours des dix dernières années. Le mall Jaya World à Mumbai a ouvert en 2023. L'offre retail haut de gamme est donc encore en construction.
Le MoU est le premier partenariat international de ce type autour du marché indien du luxe. Il prévoit notamment l'organisation de tables rondes, de symposiums, de délégations professionnelles, de dialogues avec les pouvoirs publics et de programmes d'échanges culturels.
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