« Nous orientons les marques de mode masculine vers les marchés pertinents à l’international », Hervé Huchet
Hervé Huchet, directeur international de la Fédération Française des Industries du Vêtement Masculin (FFIVM), détaille ses missions et les dispositifs mis en place pour accompagner les marques de mode masculine, en particulier dans leur développement à l’international via Promas.
Quel est le rôle de la Fédération Française des Industries du Vêtement Masculin ?
Hervé Huchet : La fédération regroupe environ 300 enseignes de vêtements masculins, enfants et de vêtements de travail, en plus des entreprises liées aux accessoires textiles et aux fournitures FIDH (écharpes, chapeaux, bretelles, parapluies, boutons, zips, etc.)
Elle a une mission d’information auprès de ses adhérents qui couvre les données du marché, les sujets économiques, les évolutions douanières ainsi que les nouvelles normes, notamment en matière de RSE. Elle conseille les marques sur leur dépôt et protection à l’international ainsi que les contrats d’agents.
La Fédération intervient également sur les sujets de lobbying, comme les questions sociales et les négociations salariales. Le travail de représentation auprès des pouvoirs publics est principalement porté par l’UFIMH (Union Française Mode & Habillement), qui regroupe plusieurs fédérations du secteur de la mode.
Quel est le profil des marques adhérentes ?
Cela va des jeunes entreprises à des acteurs plus importants comme Daniel Hechter, Eden Park ou encore Smalto.
Quel est le rôle de Promas, le bras opérationnel de la Fédération ?
Promas est une société commerciale créée il y a une cinquantaine d’années pour gérer le Salon International du Menswear (SEHM), à une époque où les fédérations ne pouvaient pas exercer d’activité commerciale.
Depuis la disparition du salon, Promas a été conservée et accompagne aujourd’hui les marques sur leur développement à l’international. Elle intervient principalement via du conseil et de la mise en relation, en les orientant vers les marchés, salons, agents ou interlocuteurs locaux pertinents, sans s’impliquer dans les aspects commerciaux.
Comment fonctionne Promas ?
Promas accompagne les marques de manière individualisée, en fonction de leur positionnement, de leur niveau de prix ou de leur ADN.
La structure s’appuie sur un réseau de correspondants locaux, permettant d’identifier les bons partenaires et de faciliter les mises en relation.
Promas organise ou soutient différents dispositifs, comme des participations à des salons, des showrooms collectifs ou des programmes plus complets, avec pour objectif de favoriser le développement international des marques. Elle monte également les dossiers de financement auprès du Défi.
Par ailleurs, Promas collabore avec l’ensemble des fédérations sur des programmes spécifiques de mentoring comme « Talents » ou bien encore la valorisation de la création et des savoir-faire français à travers « Trait d’Union »
Comment sont financées les opérations de prospection commerciale ?
Le Défi collecte une taxe habillement obligatoire dont bénéficie la Fédération, qui peut ensuite solliciter des financements pour ses actions. Pour cela, elle présente des dossiers détaillant les projets envisagés. Par exemple des opérations de prospection sur certains marchés comme la Chine, en justifiant leur potentiel et les besoins associés.
Ces demandes sont examinées par un comité, puis doivent être validées par le conseil d’administration du Défi, avant d’être approuvées par le gouvernement.
Aidez-vous les marques à exposer sur les salons ou showrooms français ?
Les subventions sur les salons français – Man, Welcome showroom, Who's Next et Maison&Objet et sur certains showrooms labellisés – sont limitées et réservées aux jeunes marques de moins de huit ans à jour de la taxe au DEFI. La Fédération intervient uniquement sur des événements considérés comme « labellisés », c’est-à-dire capables d’attirer des acheteurs internationaux.
L’objectif reste le développement à l’international, ce qui explique que les aides soient prioritairement orientées vers des événements générant des opportunités à l’export.
Quelles aides la Fédération propose-t-elle pour les salons internationaux ?
Les marques peuvent bénéficier de subventions pour la prise en charge du coût de leur stand. Le niveau d’aide varie selon les événements, avec des taux autour de 30 % en Europe et pouvant aller jusqu’à 50 % pour certains salons majeurs comme le Pitti, à Florence.
Pour des salons plus créatifs ou destinés à de jeunes marques, comme Man à New York, le soutien peut atteindre environ 60 %, incluant parfois une participation aux frais de transport et d’hébergement.
Via Promas, la Fédération organise également ses propres showrooms à l’étranger sous l’enseigne « List showroom » ?
Ces showrooms sont organisés dans différentes villes internationales, comme Tokyo, Séoul, Shanghai ou New York. Ils rassemblent généralement autour de six à dix participants.
Ils fonctionnent comme des présentations collectives, comparables à des salons à plus petite échelle, permettant de mutualiser les moyens et de faciliter la rencontre avec des acheteurs locaux.Ils sont parfois organisés en lien avec des événements existants, comme Man à New York et Tranoi à Tokyo.
Quelle est la différence entre « List showroom » et « Boarding Pass » que vous avez inauguré à Séoul en 2025 ?
Boarding Pass est un dispositif plus sélectif, qui comprend un accompagnement sur un an. Les marques passent par un comité de sélection et sont choisies, sur dossier, pour leur potentiel et leur dimension créative.
Le soutien financier est quasi intégral, avec prise en charge du transport, de l’hôtel et de la participation au showroom.
Boarding Pass s’appuie sur un diagnostic en amont, pouvant inclure des aspects juridiques, financiers ou de structuration de collection ainsi que la maitrise des réseaux sociaux en fonction des marchés, afin de préparer les marques à l’international. Puis, le programme s’inscrit dans une logique de suivi, avec des temps d’accompagnement entre les déplacements (master class, coaching ciblé selon les besoins identifiés).
Chaque déplacement prévoit un retail tour, des rencontres dans un showroom dédié avec des acteurs locaux : industriels, marques, acheteurs, presse, influenceurs, de manière à développer la visibilité des collections et la notoriété des marques.
Enfin ce dispositif est organisé par pays et par cycle, avec un marché ciblé par an : la Corée en 2025, la Chine en 2026.
Quid de Boarding Pass ShanghaÏ 2026 ?
Ce voyage a nécessité une formation, parce qu'il est hors de question de mettre les pieds en Chine si la marque n'est pas protégée. Les trois marques sélectionnées sont Coltesse, Egon Lab et Baziszt. Elles ont toutes bénéficié d’un audit auprès d’un avocat et d’une formation sur les us et coutumes culturelles. Une quatrième marque, Ludovic de Saint Sernin, est présente via List showroom.
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