Pourquoi a-t-il fallu si longtemps ? Les dessous de la rentabilité de Victoria Beckham
Victoria Beckham Holdings Ltd a enregistré un bénéfice d'exploitation pour la première fois depuis sa création en 2008, a annoncé l'entreprise ce lundi.
Son chiffre d'affaires a augmenté de 15 % pour atteindre 129,8 millions de livres sterling sur l'année se terminant fin décembre, marquant ainsi la cinquième année consécutive de croissance à deux chiffres. La société a également affiché un bénéfice avant impôts de 3,38 millions de livres sterling, contre une perte de 4,85 millions de livres sterling l'année précédente. Le bénéfice d'exploitation a atteint 7,3 millions de livres sterling, contre une perte d'exploitation de 1,6 million de livres sterling l'année précédente.
Mais pourquoi cela a-t-il pris autant de temps ?
Pour de nombreuses entreprises qui luttent pour atteindre la rentabilité, la réponse reste souvent un mystère. Mais ce n'est pas le cas lorsque la fondatrice est une célébrité mondiale.
Des plantes de bureau aux millions de pertes
En 2025, l'ancienne Spice Girl devenue créatrice de mode, Victoria Beckham, a évoqué ses efforts pour établir sa marque et atteindre la rentabilité dans une série documentaire Netflix. L'entreprise était alors « dans le rouge de plusieurs dizaines de millions », selon ses propres termes. Beckham y révélait comment son mari, David Beckham, avait un jour renfloué l'entreprise pour lui éviter la faillite. « Le fait qu'elle doive me demander si nous pouvions réinjecter de l'argent parce que l'entreprise en manquait a été difficile pour nous deux. Je n'avais plus les fonds pour continuer à financer cela. », a-t-il confié.
En 2017, Victoria Beckham a reçu un investissement de 30 millions de livres sterling en vendant 30 % de son entreprise à NEO Investment Partners. Ces derniers ont lancé une restructuration et l'ont aidée à maîtriser ses coûts, qu'elle qualifie de gaspillage effarant (« mind-blowing ») dans la série.
David Belhassen de NEO est apparu dans un des épisodes, expliquant que le problème venait du fait que l'entourage de la créatrice lui disait ce qu'elle voulait entendre. « Je me souviens que l'une des dépenses concernait les plantes de bureau. Parce qu'elle adore les plantes. Et cela coûtait environ 70 000 livres sterling par an. Puis, il y avait quelqu'un qui venait les arroser pour 15 000 livres sterling par an », a-t-il raconté. Selon CB Insights, les pertes s'élevaient à 12,3 millions de livres sterling en 2018 et ont atteint un pic de 16,6 millions de livres sterling en 2019.
Beauté, baisse des prix et fin du modèle « célébrité »
En 2019, Beckham a lancé la branche beauté de son entreprise, qui, selon la BBC, a enregistré sa meilleure performance en 2025. Ce succès a été porté par le lancement de ses Foundation Drops, qui ont doublé la taille du segment skincare de la société.
La marque de mode s'est également repositionnée en 2021, en fusionnant sa seconde ligne (Victoria, Victoria Beckham) avec sa ligne principale (Victoria Beckham), en rationalisant ses chaînes d'approvisionnement, en restructurant ses opérations de fabrication et, finalement, en faisant passer le prix moyen de 900 à 550 livres sterling. Une stratégie qui a porté ses fruits.
« Avec deux moteurs de croissance complémentaires dans la mode et la beauté, une clientèle de plus en plus internationale et un modèle opérationnel rationalisé, l'entreprise est solidement positionnée pour sa prochaine phase de croissance rentable », a déclaré Belhassen à la BBC lundi.
Beckham a déclaré au Financial Times qu'ils avaient « tous travaillé dur pendant longtemps pour ce moment de rentabilité et de croissance ».
« Nous avons été très transparents sur les problèmes que nous avons rencontrés, mais nous nous sommes redressés et nous connaissons maintenant une croissance à un rythme raisonnable. Après 20 ans, les gens ne considèrent plus ma marque comme une marque de célébrité », a-t-elle ajouté.
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