Pourquoi la Cour suprême de Madrid a condamné Decathlon ?
Madrid – Fin janvier, la Cour suprême (Tribunal Supremo) a mis un terme à la bataille juridique qui opposait Decathlon au syndicat Comisiones Obreras (CCOO) devant les tribunaux espagnols. L'affaire portait sur une atteinte à la liberté syndicale. La Haute Cour a reconnu la validité de cette accusation dans un jugement qui oblige Decathlon non seulement à verser des dommages et intérêts, mais aussi à payer une amende pour « procédure téméraire » et, bien sûr, à cesser son comportement antisyndical dans ses magasins.
À l'origine de cette affaire, on trouve le pourvoi en cassation formé par Decathlon Espagne contre la sentence de l'Audiencia Nacional (la Cour nationale espagnole) de juin 2024. Dans cette décision, l'Audiencia Nacional avait donné entièrement raison au syndicat concernant sa plainte déposée en avril de la même année contre la multinationale. La plainte dénonçait différentes pratiques portant atteinte au droit à la liberté syndicale, protégé par la Loi organique sur la liberté syndicale. Le CCOO accusait la direction de Decathlon de refuser systématiquement de fournir des informations à ses délégués, de les autoriser à utiliser les panneaux d'affichage et les moyens de communication électroniques pour s'adresser au personnel, ou encore de leur accorder les heures de travail nécessaires à l'exercice de leurs fonctions syndicales, refusant de compenser ce temps. Le syndicat qualifiait ces agissements de « graves infractions » au droit à la liberté syndicale et demandait une condamnation de la part de l'Audiencia Nacional.
En réponse, l'Audiencia Nacional, dans sa sentence de juin 2024, a reconnu l'existence « systématique » de ces pratiques antisyndicales. Elle a prononcé « la nullité radicale desdites conduites » et a ordonné à la multinationale de « cesser immédiatement son comportement antisyndical » dans ses magasins. Malgré ce verdict, la direction de Decathlon et son équipe juridique ont décidé de se pourvoir en cassation devant la Cour suprême. La Haute Cour vient de se prononcer sur ce recours, dans un arrêt rendu le 15 janvier dernier. Elle confirme la décision de l'Audiencia Nacional de juin, rejette le pourvoi et condamne Decathlon en raison de « la nature et la gravité des manquements de l'entreprise concernant l'exercice du droit à l'action syndicale, la pluralité des infractions commises, ainsi que leur répétition et leur persistance dans le temps ».
« Après un long processus judiciaire, précédé de nombreux conflits sociaux, Decathlon Espagne a été sanctionnée par une condamnation définitive de la Cour suprême », pour « atteinte au droit à la liberté syndicale », dans le cadre de « la plainte déposée par la Fédération des services du CCOO face au comportement antisyndical continu, conscient et répété dans le temps » de la multinationale, indique le syndicat dans un communiqué. « Grâce à la lutte que nous menons au CCOO depuis des années, la célèbre marque de sport dévoile son côté le plus sombre », insistent-ils. « En effet, non seulement la multinationale n'est pas un exemple d'entreprise socialement responsable, mais elle a également cherché à opérer avec une impunité non dissimulée, en précarisant à l'extrême ses effectifs et en réprimant sans scrupules la représentation syndicale du CCOO avec des attitudes qui nous rappellent des temps révolus », dénonce le syndicat. Ces stratégies auraient trouvé un dernier exemple dans cette procédure judiciaire, que la direction de la chaîne, selon leurs dires, « a tenté de retarder, d'entraver et de salir, sans jamais assumer ses manquements en matière de droits fondamentaux ».
Condamnation pour dommages et intérêts et pour mauvaise foi
Dans son arrêt, la Cour suprême a entièrement confirmé la sentence de l'Audiencia Nacional, ordonnant à Decathlon de procéder au « cessez-le-feu immédiat du comportement antisyndical » dans ses magasins et condamnant la multinationale à verser une indemnité de 30 000 euros pour dommages et intérêts. Un montant qui ne peut être considéré que comme « symbolique » pour une multinationale qui, au cours de son exercice 2024, a réalisé un chiffre d'affaires de 2 094 millions d'euros, rien qu'en Espagne. À cela, la Haute Cour ajoute l'amende de 3 000 euros pour « procédure téméraire » et mauvaise foi, déjà établie par l'Audiencia Nacional, ainsi que le paiement des frais de justice, fixés à environ 1 500 euros. Ces montants portent la condamnation financière totale de Decathlon à 34 500 euros.
Au-delà des aspects financiers, la véritable portée de cette décision réside dans son impact sur les dynamiques syndicales au sein des magasins Decathlon. C'est pourquoi le CCOO « se félicite de la sentence de la Cour suprême, contre laquelle aucun recours n'est possible, car elle établit que l'action de la direction de Decathlon Espagne constitue une violation grave des droits fondamentaux » ; un fait « qui, malheureusement, est constant dans ses magasins ces dernières années ». Face à ces mécanismes « de pouvoir », le CCOO estime que « cette sentence marque un tournant et représente une opportunité pour la direction de Decathlon de renoncer à des politiques préjudiciables et radicalement antidémocratiques, en normalisant l'exercice du droit constitutionnel et de l'action syndicale dans l'entreprise », revendiquent-ils.
Le jugement vient donc confirmer qu'il y a un dysfonctionnement « lorsque ceux qui travaillent tentent de s'organiser pour défendre des conditions dignes » et que « la réponse est une attitude antisyndicale récidiviste, propre à une culture d'entreprise qui préfère investir dans des avocats plutôt que dans la dignité au travail », dénonce Ester Rodríguez Romero, membre du CCOO chez Decathlon. Cette attitude révèle le vrai visage d'« une multinationale qui se vante de promouvoir la santé, le sport et le bien-être », alors qu'elle « épuise les corps et les esprits, avec des temps partiels subis, des salaires qui ne permettent pas de vivre et une conciliation vie professionnelle-vie privée inexistante ».
Cet article a été traduit à l'aide d'un outil d'intelligence artificielle, puis vérifié et édité par un journaliste de FashionUnited.
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