Retour sur l'empire commercial éphémère de Michel Ohayon
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Bordeaux - Camaïeu, Gap, Go Sport, La Grande Récré... Michel Ohayon, placé en garde à vue mercredi à Paris dans le cadre d'une enquête financière, avait bâti en quelques années un empire commercial, presque aussi vite démantelé.
Les difficultés de l'homme d'affaires bordelais commencent en septembre 2022 avec la liquidation, à Lille, de l'enseigne de prêt-à-porter Camaïeu (2.600 salariés) qu'il avait rachetée deux ans plus tôt.
Quelques mois plus tard, les chaînes Gap France et Go Sport (vêtements et articles de sport), acquises en 2021, sont placées en redressement judiciaire à Grenoble. Puis en avril 2023, le tribunal de commerce de Paris met en liquidation l'enseigne de jouets La Grande Récré, reprise depuis 2018.
Au printemps 2024, Michel Ohayon parvient en revanche à conserver une vingtaine de magasins Galeries Lafayette, rachetés entre 2018 et 2021, après une procédure de sauvegarde à Bordeaux. "On n'a pas tout réussi (...) C'est vrai, on a perdu des emplois sur Camaïeu", a concédé l'homme d'affaires dans le magazine Capital en septembre dernier. Seule la marque nordiste a été reprise par Celio.
Mais "on en a préservé 2.000 chez Go Sport, 350 chez Gap, 1.000 à La Grande Récré", ces trois chaînes ayant trouvé des repreneurs, et "1.000 aux Galeries Lafayette", s'est-il défendu.
Michel Ohayon s'est rêvé en sauveur du commerce de centre-ville, avant de subir de plein fouet la période du Covid-19 et de crouler sous l'endettement - sa holding, la Financière immobilière bordelaise (FIB), affichait 500 millions d'euros de passif quand elle s'est déclarée en cessation de paiements en février 2023.
Ses détracteurs mettent aussi en cause une gestion défectueuse. Après avoir fait fortune dans l'immobilier commercial à Bordeaux durant les années 1990, il s'était lancé dans l'hôtellerie de luxe en rachetant plusieurs palaces - sortis du redressement judiciaire l'an dernier - avant de se diversifier via une myriade de filiales de la FIB ou des sociétés à l'étranger.
Un domaine viticole à Saint-Émilion, les Cafés Legal, des tableaux de maître et des parts dans l'énergie solaire, des résidences collectives ou des propriétés personnelles, un spa et même un réseau d'écoles post-bac, rapidement fermées... l'homme d'affaires, qui a vendu l'an dernier son hôtel particulier à Paris, a longtemps investi tous azimuts.
Au risque d'accumuler les litiges avec des créanciers ou des fournisseurs. Depuis trois ans, les procédures impliquant la FIB se comptent par dizaines sur le site Infogreffe des tribunaux de commerce.