Une firme américaine d'habillement de sport va rompre ses relations avec un fournisseur chinois, de peur que celui-ci recoure au travail forcé dans des camps d'internement au Xinjiang, région où Pékin détient en masse des membres de l'ethnie musulmane Ouïghour.

Badger Sportswear, basé en Caroline du Nord (est des Etats-Unis), a annoncé, dans un communiqué diffusé mercredi soir, qu'elle cesserait de s'approvisionner en vêtements auprès du chinois Hetian Taida, dont la production est localisée au Xinjiang (nord-ouest de la Chine).

"Sur fond d'importantes inquiétudes, et en vue d'éliminer toute suspicion sur notre chaîne d'approvisionnement face aux controverses (...), nous n'accepterons plus aucun produit provenant de Hetian Taida ou du Nord-ouest de la Chine", a indiqué l'entreprise.

Le Xinjiang, vaste région dont les Ouïghours --musulmans turcophones-- constituent la principale ethnie, a été le cadre de violentes tensions inter-ethniques et d'attentats meurtriers, avant d'être placée ces dernières années sous haute surveillance policière.

Jusqu'à un million de musulmans seraient ainsi détenus dans des centres de rééducation politique de la région, selon des accusations d'experts et d'organisations de défense des droits de l'homme, démenties par Pékin qui fait seulement état de "centres de formation professionnelle" contre la "radicalisation" islamiste.

Le New York Times a rapporté en décembre que Badger avait reçu livraison d'un container de T-shirts fabriqués par Hetian Taida: or, selon des informations de la télévision étatique chinoise, cette société a recouru à des "travailleurs" des "camps de ré-éducation" pour détenus musulmans.

Certes, des enquêteurs indépendants tout comme une enquête interne ouverte par Badger, qui coopère avec une ONG certifiant les responsabilités sociales des entreprises, n'a mis en lumière aucune violation des "principes manufacturiers éthiques" du groupe américain.

"Néanmoins, les documents fournis par Hetian Taida au sujet de leur précédent site de production s'avèrent insuffisants pour conclure avec certitude" que les conditions de travail satisfaisaient aux principes que l'entreprise exige de ses fournisseurs, souligne Badger.

Le régime communiste a, lui, fustigé cette décision: "Si cette entreprise (...) cesse ses coopérations commerciales avec des partenaires chinois sur la base de pareilles mauvaises informations, c'est une tragédie pour ses propres affaires", a déploré jeudi Lu Kang, porte-parole de la diplomatie chinoise, lors d'un point presse régulier.

La Chine a déjà supprimé ses "camps de travail", héritage de la période maoïste, et ce que Pékin appelle des "centres d'enseignement professionnel" au Xinjiang ne font pas usage du travail forcé, a-t-il affirmé. (AFP)

 

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