A Nice, une exposition explore les liens entre Matisse et Yves Saint-Laurent

Culture
Museum of Modern Art, New York. Credits: Unsplash.
By AFP

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Nice - Ils ne se sont pas croisés mais ils ont tous deux trouvé des manières similaires d'aborder la couleur, la lumière et les matières: à Nice, une exposition met en lumière les liens étroits entre Henri Matisse et Yves Saint-Laurent.

"Le beau, la mode et le bonheur", un clin d'œil à Charles Baudelaire qu'ils lisaient tous les deux, présente jusqu'au 28 septembre au musée Matisse de Nice 160 œuvres des deux artistes: tableaux, robes, bijoux, croquis... Il s'agit d'explorer "le regard de Saint-Laurent sur l'œuvre de Matisse et la façon dont la mode et les textiles ont pu avoir une importance considérable dans l'œuvre de Matisse", résume Aymeric Jeudy, directeur du musée.

L'exposition est née de travaux de recherches sur Matisse et la mode, et d'un examen approfondi des multiples citations plus ou moins directes de Matisse (1869-1954) dans les créations de Saint-Laurent (1936-2008).

"Matisse, pour Yves Saint-Laurent, c'est le peintre par excellence. C'est ce qu'il appelle un de ses fantômes esthétiques, ces personnalités qui l'accompagneront pendant toute sa carrière et qui l'inspireront durant toute sa création", explique Serena Bucalo-Mussely, co-commissaire de l'exposition. Yves Saint-Laurent et Pierre Bergé possédaient de nombreuses œuvres de Matisse, ainsi que des dizaines de livres sur le peintre.

Les références peuvent êtres diffuses, comme les motifs des gouaches découpées de Matisse si présentes sur les robes de Saint-Laurent, ou encore le bouquet du tableau "Robe violette et anémones" de 1937 qui semble projeté sur une cape de 1988.

Elles sont parfois si directes qu'elles ont fait l'objet d'un accord avec les ayants-droit, comme une reprise d'un "Portrait au visage rose et bleu" de 1936 sur un sac à main de 1983.

Mais l'importance de la mode et du tissu pour Matisse, qui a lui-même dessiné des costumes de ballet, offre aussi de véritables parcours artistiques entre les deux hommes.

Ainsi, quand le peintre se voit offrir une étoffe de ce bleu qui est devenu sa marque de fabrique, il en fait tailler une robe à jabot blanc, immortalisée dans son tableau "Robe bleue reflétée dans la glace" et ressuscitée par Saint-Laurent, avec quelques accessoires supplémentaires, en robe du soir en 1981.

"Quand Matisse s'attelle aux gouaches découpées, il insiste sur le fait qu'il taille dans la matière. Il s'agit d'aller chercher la couleur, d'aller la modeler et d'aller en faire une architecture", explique M. Jeudy. "Une architecture pour la peinture chez Matisse, une architecture du vêtement, en mouvement pour Saint-Laurent".

Exposition
Saint Laurent
Yves Saint Laurent