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A Kinshasa, hommage dans les rues au "père de la sape"

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Des sapeurs, dont l'un porte une chemise aux manches longues de 4 mètres, membres du mouvement « La Sape » (2014). Credits: Photo by JUNIOR D. KANNAH / AFP
By AFP

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Kinshasa - Chapeau haut de forme et parapluie en plumes à la main, un sapeur prend la pose juché sur un muret le long d'un boulevard au cœur de Kinshasa: les sapeurs de la capitale congolaise ont commémoré mardi la mémoire du "père de la sape".

Quelques dizaines de sapeurs se sont rassemblés sur la tombe de Stervos Niarcos, mort il y a 31 ans jour pour jour et dont la chanson "La religion Ya Kitendi", en 1989, a érigé la recherche vestimentaire en sens de la vie. "C'est le père de tous les sapeurs au Congo et même dans le monde", explique à l'AFP Djika Ziana, un sapeur kinois, en exhibant fièrement sa veste et son sac en cuir à effet peau de crocodile.

La Sape, la Société des ambianceurs et des personnes élégantes, est un mouvement d'identité vestimentaire né à l'époque coloniale à Brazzaville, puis à Léopoldville (ancien nom de Kinshasa), lorsque des jeunes ont commencé à adopter et détourner les vêtements portés par les colons.

Plus qu'une mode, la Sape est "un art" pour Mathy Kass Adbe Chou, une des rares femmes "sapeuses" présente mardi et venue de Brazzaville, la capitale jumelle de l'autre côté du fleuve Congo.

"Il y a des codes, il faut être bien propre, parfumé, porter des tenues de luxe et respecter les couleurs, trois maximum", détaille cette femme de 48 ans, en salopette noire d'une marque japonaise et parée de lunettes de soleil couture.

En République démocratique du Congo, l'un des pays les plus pauvres au monde où 85% de la population vit avec moins de trois dollars par jour, dépenser des fortunes en vêtements griffés peut sembler extravagant. Mais pour cette mannequin, devenue l'égérie de publicités pour une marque de bière dans le pays, la Sape lui permet surtout de "nourrir" sa famille.

"C'est important de bien s'habiller pour te faire remarquer, qu'on t'invite partout et qu'on te propose du travail", défend la sapeuse dont le plus gros investissement est une paire de chaussures en lézard achetée à l'équivalent de 700 euros.

"On te respecte. Etre sapeur, c'est d'abord aimer la dignité", ajoute-t-elle, une fausse pipe à la bouche. "La Sape c'est du sérieux. On se bat pour que ça devienne un outil de travail", abonde Migo Bongonda, artiste performeur qui dit avoir participé à plusieurs défilés en Europe ces dernières années.

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