À New York, Iris Van Herpen invite le public à s'essayer à la haute couture

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Des centaines d’heures de travail ont été consacrées à la robe Airo, signée Iris van Herpen. Credits: Iris van Herpen
Par AFP

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New York - Autour d'une table, deux femmes échangent à voix basse en plissant un tissu argenté qu'une troisième fixe à la traîne d'une robe sirène.

Peu à peu se forme un enchevêtrement sculptural, entre écume figée, coulées de lave et fougères grimpantes.

Le vêtement est né de l'imagination de la créatrice néerlandaise Iris Van Herpen, connue pour ses tenues haute couture inspirées de la nature et du vivant, des fonds marins aux champignons, en passant par l'ossature des oiseaux.

Ses défilés font sensation et ses créations ont été vues sur les popstars Lady Gaga et Beyoncé ou encore la skieuse freestyle Eileen Gu.

Chose rare, ceux qui aident la styliste de 42 ans à réaliser cette robe sont les visiteurs d'une rétrospective de son oeuvre au Musée de Brooklyn, à New York, jusqu'au 3 janvier.

L'exposition itinérante, d'abord présentée à Paris en 2024, invite notamment à découvrir l'atelier de la couturière et son processus de création.

Cette fois, Iris Van Herpen a décidé de le rendre interactif, permettant au public de toucher du doigt — littéralement — ce qui caractérise cet atelier : "le travail manuel" et "collaboratif", explique-t-elle à l'AFP.

"Ça me permet aussi de créer une sorte de capsule temporelle de l'exposition", ajoute-t-elle. "Et j'étais simplement curieuse de voir qui j'allais rencontrer, comment tout cela pouvait devenir une nouvelle pièce, et comment ces conversations influencent le processus de création du drapé. Donc c'est un peu un terrain d'expérimentation."

Depuis l'été, quelque 200 visiteurs — artistes, scientifiques, avocats, journalistes — ont eu l'opportunité de s'asseoir face à elle pendant une dizaine de minutes pour travailler et discuter.

En plus de plisser un épais tissu fait de soie et d'argent, la créatrice leur a demandé de partager un moment de connexion avec la nature ou le sens qui joue le rôle le plus important dans leur rapport au monde.

"Vraiment authentique"

L'échange permet d'en apprendre plus sur les sources d'inspiration de la Néerlandaise, l'eau notamment : "cet être ancien qui est là depuis toujours, une telle force vitale et tellement transformatrice".

Nuage, pluie, neige, glace, cristal : "C'est juste incroyable de voir comment elle est partout, toujours changeante."

Les conversations sont enregistrées et les plus marquantes seront brodées à l'intérieur de la robe.

La styliste, habituée à travailler avec des scientifiques pour concevoir tissus et vêtements, dit retenir notamment l'expertise de biologistes.

April Chapman, administratrice dans une université âgée d'une soixantaine d'années, lui a parlé des tenues confectionnées avec sa mère et des activités manuelles, "collages et constructions en carton", faites avec son fils.

Addam Moreno, coiffeur styliste et artiste de 54 ans, en est venu "au transcendantalisme et à la méditation".

"J'aime sa méthodologie", poursuit-il : "C'était beau de pouvoir discuter tout en ayant les mains occupées. Je pense qu'il y avait quelque chose là-dedans qui nous a permis de prendre du recul par rapport à la situation et d'avoir une conversation vraiment authentique."

Venue avec lui, Shannon Green, avocate de 48 ans, savoure sa chance, questionnée par des visiteurs qui n'ont pas eu l'occasion de s'asseoir face à Iris van Herpen.

"Je n'avais jamais travaillé sur une robe haute couture. Je n'avais jamais rencontré une artiste vivante de son envergure et avec ses accomplissements. Alors, simplement avoir une interaction humaine réelle avec elle, c'est très particulier."

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Iris van Herpen