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Des Golden Globes aux Grammys, sobriété sur les tapis rouges dans un monde sous tension

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Lady Gaga attends the 68th GRAMMY Awards at Crypto.com Arena on February 01, 2026 in Los Angeles, California. Credits: Amy Sussman / GETTY IMAGES NORTH AMERICA / Getty Images via AFP.
By AFP

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Beaucoup de noir et blanc, des bijoux discrets, des tenues inspirées des années 1930 : la sobriété est redevenue la norme sur les tapis rouges. Comme aux Grammy Awards ce dimanche, la mode répond à un climat politique et économique incertain par un retour à l'épure.

La chanteuse de K-pop Rosé s'est ainsi rendue aux Grammys dans une mini-robe noire à traîne blanche signée Giambattista Valli, sans collier ni boucles d'oreilles visibles sous son carré blond bouclé. Même code couleur pour la révélation britannique Olivia Dean, en Chanel, vêtue d'une volumineuse jupe blanche surmontée d'un corsage noir à fines bretelles orné de paillettes et de plumes.

Quant à Bad Bunny, l'homme de la soirée auréolé du prestigieux prix de l'« album de l'année », il est apparu en smoking Schiaparelli à la veste ajustée, une fleur blanche à la boutonnière. Auparavant, l'actrice et chanteuse Selena Gomez s'était elle aussi illustrée en digne héritière de l'âge d'or d'Hollywood lors des Golden Globes en janvier, arborant une robe fourreau Chanel noire à l'encolure de plumes blanches.

La fin de l'ère décontractée

La « sneaker culture » et l'« athleisure », qui ont fait des vêtements de sport des incontournables des dressings, passent de mode, analysait Elizabeth Way, conservatrice associée au Fashion Institute of Technology à New York. « Nous entrons dans une ère où l'on s'habille de manière beaucoup plus élégante », expliquait-elle à l'AFP, citant pour exemple la mise en valeur du tailoring (l'art du costume) lors de l'édition 2025 du Met Gala.

Même la maison Louis Vuitton, dont la direction artistique homme est assurée par Pharrell Williams, faisait la part belle au costume-cravate lors de la semaine de la mode masculine de Paris fin janvier.

Le « recession core » ou l'élégance de la crise

Adrien Communier, chef de rubrique mode chez GQ, y voit le désir des créateurs et du public de porter des « vêtements pour maintenant, capables de durer et d'affronter le quotidien ». Selon lui, « il est impossible de ne pas y voir une référence au contexte international. Je pense qu'il y a quelque chose de très "responsif" et pragmatique par rapport à cela ».

L'inquiétude économique et environnementale a conduit, ces trois dernières années, au retour d'un style baptisé « recession core ». « Tout est beige. Les tendances vestimentaires reviennent au minimalisme. Les routines beauté visent à obtenir un look aussi naturel que possible. Bienvenue dans la récession », décrivait dès 2023 le magazine canadien Fashion, rappelant que la mode avait pris le même virage lors de la crise financière de 2008.

Cette tendance renvoie également à la Grande Dépression des années 1930, une période d'« élégance discrète » au cours de laquelle « les gens, même s'ils étaient financièrement aisés, ne voulaient pas l'afficher », retrace Elizabeth Way. Et, « comme dans les années 1930, le climat politique actuel est très instable. Nous sommes dans une période grave sur le plan social et culturel, et cela se reflète dans l'habillement ».

Des éclats de nacre dans la pénombre Les looks osés ont-ils pour autant disparu des tapis rouges ? Pas entièrement. En témoignent la robe Mugler vintage en voile terracotta de la chanteuse Chappell Roan lors des Grammys, ou le nœud en diamants ornant la chute de reins de l'actrice Teyana Taylor en Schiaparelli.

En 2026, la mode semble s'intéresser de plus près aux formes de ceux qui la portent. Le thème du prochain Met Gala, le 4 mai, promet d'ailleurs de « mettre en lumière la relation indissociable entre les vêtements et le corps ».

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