Semaine de la mode à Paris : des paillettes contre la morosité du secteur
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Paris - La semaine de la mode parisienne, consacrée aux collections femme du printemps-été, s'ouvre aujourd'hui sous un ciel plombé : le secteur du luxe est morose et des rumeurs de départs agitent les créateurs.
Basket et escarpins
Du 28 septembre au 6 octobre, la Fédération de la haute couture et de la mode (FHCM) aligne plus de 67 défilés et 34 présentations, sans compter, hors calendrier, les innombrables pop-up, cocktails et soirées. L'Oréal ouvrira le bal au grand public lundi soir avec un défilé de ses égéries au pied de la tour Eiffel.
Mardi, Christian Dior et Saint Laurent prennent le relais. Mercredi, le premier défilé de Drew Henry chez Courrèges sera scruté de près. Lundi 5 octobre, Chanel, puis mardi 6, Louis Vuitton, refermeront cette intense saison par un défilé dans la cour du Louvre.
Côté transports publics, la RATP a annoncé un préavis de grève illimité à compter du 28 septembre, qui pourrait compliquer les déplacements d'un événement à l'autre dans la capitale.
Bonjour et au revoir
Après le grand mercato mode de 2025, quelques remous sont encore attendus, à commencer par le départ sismique pressenti d'Anthony Vaccarello, artisan du succès de Saint Laurent depuis une décennie.
Chez Balenciaga, Pierpaolo Piccioli n'aura pas fait les quatre saisons d'une année qu'on le dit déjà dans le viseur de Kering, la maison mère, pour n'avoir pas su maintenir le niveau de ventes de son prédécesseur Demna, d'après le blog spécialisé Miss Tweed.
Enfin, chez Chloé, selon le média d'investigation Glitz, la directrice artistique Chemena Kamali, en poste depuis 2023 malgré un accueil favorable de la critique pour son retour du folk-chic, serait aussi poussée vers la sortie faute de rentabilité.
"Il y a eu des +Golden years+ après le Covid, un pic en 2023 puis un marché du luxe qui s'est stabilisé. Les grands groupes, les marques intermédiaires et les jeunes créateurs ne sont pas impactés de la même manière. Les marchés, les débouchés et les modèles économiques évoluent", indique Pascal Morand, président exécutif de la Fédération de la haute couture et de la mode, qui soutient cette saison plusieurs marques encore grâce à un "booster" financier.
Céline et Rihanna
La chanteuse canadienne Céline Dion, en résidence à Paris, et dont chaque apparition vaut, en termes d'images et de retombées, plus qu'un défilé, pourrait se montrer, si son agenda le permet, au premier rang chez Dior, Tom Ford, Schiaparelli ou Givenchy.
La popstar barbadienne Rihanna, déjà venue deux fois au concert de sa consoeur diva, pourrait jouer les prolongations à la Fashion Week de Paris, où elle possède déjà son rond de serviette. Paris Hilton est, quant à elle, annoncée à un événement autour de Karl Lagerfeld.
Multilatéralisme et refusés
La semaine de la mode parisienne confirme son rôle de vitrine efficace pour les créateurs indépendants, sous l'oeil fatigué mais intéressé de la caravane internationale des journalistes et acheteurs de mode.
La Serbie et l'Australie organisent ainsi leur semaine de la mode dans la capitale française, et les "Americans in Paris", soutenus par la puissante fédération américaine de la mode et par Vogue, installent de nouveau leur rendez-vous institutionnel rue de Rivoli.
Un "Salon des refusés", événement éphémère réunissant la jeune garde des talents émergents, se tiendra le 2 octobre, à l'initiative du détaillant montréalais Ssense.
"La semaine de la mode n'est pas qu'une affaire économique et commerciale, Paris a une dimension culturelle et créative, qui anime tout autant cette semaine", estime Pascal Morand de la FHCM.