Tendances : des pièces à mixer, du pastel, et des jupes pour l'été 2027
Paris - Le tourbillon mode de la rentrée, passé par New York, Milan, Paris et, dans une moindre mesure, Londres, s'achève en imposant plusieurs tendances très nettes dans le vestiaire féminin pour le retour des beaux jours.
La mode en kit
Au lieu de tenues pensées en total look, nécessairement plus chères, les créateurs se sont massivement mis cette saison à décomposer les tenues en pièces indépendantes.
"L'émergence des pièces séparées est devenue un thème clé de cette saison : nous avons repris nos silhouettes, robes et décolletés emblématiques pour les réinventer sous forme de hauts et de bas", explique le styliste Daniel Roseberry chez Schiaparelli.
"Le styling et le mix & match deviennent presque aussi importants que le produit lui-même. C'est une mode qui encourage à se créer soi-même plutôt qu'à adopter un uniforme, des vêtements sophistiqués mais portés de manière instinctive", décrypte Victoria Dartigues, directrice du département achat femme et maroquinerie des Galeries Lafayette à Paris.
"On quitte l'idée d'un total look ou d'une tendance unique pour un vestiaire qui semble construit dans le temps, où chaque pièce apporte un supplément d'âme", poursuit-elle, citant Celine ou encore The Row des soeurs Olsen.
La jupe, pièce de la saison
La jupe s'est imposée sur les podiums, "avec beaucoup de fluidité et de mouvement, déclinée dans différentes formes et longueurs", selon Elodie Abrial, directrice commerciale du groupe Le Bon Marché.
Chez Chanel, elle est revenue inlassablement juste sous le genou, une longueur appelée "la longueur Chanel", considérée comme la plus flatteuse par Gabrielle Chanel.
À Milan, Prada s'est concentré avec obsession sur "ce vêtement unique et universel", a expliqué la maison.
"La jupe est un objet contemporain, parce qu'il est flexible, adaptable. Il invite à la contradiction", a commenté Miuccia Prada dans un communiqué à l'issue du défilé.
"Chaque jupe peut aussi être entièrement réinventée par chaque personne qui la porte, à travers ses combinaisons et juxtapositions avec d'autres pièces. Elles peuvent en transformer le sens", a souligné la créatrice.
Soutien-gorge apparent
Beaucoup de lingerie, notamment des brassières portées seules ou sous une veste : le soutien-gorge a fait son retour comme simple haut, sur les podiums avec de la dentelle associée à la fourrure chez Dolce & Gabbana, comme dans le "street style", association de vêtements urbains confortables à des pièces plus élégantes.
À Londres, le label Dreaming Eli a construit son défilé autour de ces dessous au parfum de naphtaline, "mettant en valeur des tissus un peu vieillots comme la dentelle et le satin", résume le journaliste Pascal K. Douglas, contributeur des principaux magazines de mode européens.
Chez Fendi, Maria Grazia Chiuri a laissé le soutien-gorge, en triangle de satin brodé de noir, mener la danse sensuelle de la plupart de ses silhouettes.
Palette ASMR
Une douce palette chromatique s'impose avec "des couleurs qui apaisent et qui font baisser le taux de cortisol : beurre, lavande, sauge", analyse Pascal K. Douglas.
"Ces couleurs liées à la nature font du bien au corps, comme chez Dries Van Noten, Ester Manas ou Gundi Studios, ce qui appelle au calme et à la paix en réaction à l'actualité sociopolitique du moment", poursuit-il.
Des tonalités douces aussi chez Victoria Beckham ou Icicle à Paris, et chez Ashley Williams à Londres, avec des chemises à épaulettes allant du bleu clair au jaune et au rose layette.
Chez Diesel, on coordonne cette palette édulcorée, une jupe menthe à l'eau avec un blouson rose chewing-gum, ou chez Bottega Veneta avec un pantalon à pinces confortable jaune clair et un chemisier à jabot couleur Malabar.
Gonflée à bloc
Imaginée par Christian Lacroix au milieu des années 1980, la jupe "pouf", pièce gonflée à l'effet soufflé ou boule, opère un retour triomphal.
Loewe et Dior en ont fait des silhouettes clés, Miu Miu et Zimmermann l'ont déclinée en version très courte.
Comme des Garçons en a fait sa pièce maîtresse, en denim, sculpture bouffante, voire inspirée de l'image du bouffon du roi.
Reste que cette tendance pourrait vite se dégonfler : ces pièces servent davantage l'image que le vestiaire, puisqu'elles restent quasiment importables en position assise.