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Rosa Veloso, 28 ans chez Grain de Malice : « J’aimerais changer le regard des gens sur mon métier »

Pour ce cinquième épisode de notre série dédiée aux virtuoses de la vente, FashionUnited a échangé avec Rosa Veloso, conseillère de vente chez l'enseigne Grain de Malice.
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Rosa, conseillère client chez l'enseigne de mode Grain de Malice. Credits: Grain de Malice.
By Julia Garel

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S'il est un métier dans la mode où l'intelligence émotionnelle règne en maître, c'est bien celui-là. Loin des clichés, les conseillers de vente incarnent le visage le plus vivant de cette immense industrie et peut-être le plus humain. Pour dresser le portrait multiple de ce métier de terrain, FashionUnited a choisi d’échanger avec ceux qui approchent la vente comme un lieu d’épanouissement et d’expertise pointue.

Après notre échange avec Léa Siboni, conseillère de vente pour la marque de luxe The Row, ou encore Mathilde Robard, du concept store Centre Commercial, rencontre avec Rosa Veloso, conseillère de vente et ambassadrice chez l'enseigne Grain de Malice.

À quoi ressemblait votre premier poste dans la vente ?

Rosa Veloso : À mes débuts, je cherchais un job dans le domaine de la couture, mais je me suis vite rendu compte qu’il était difficile de lier à ce moment-là ma vie perso et ma vie pro. Mon professeur de couture m'a soutenue et aidée à trouver un apprentissage qui me correspondait mieux, dans une boutique qui faisait des retouches. Rapidement, en même temps que je faisais les retouches, j'ai aussi appris les premières bases de la vente, mon premier job a donc été apprentie retoucheuse/vendeuse.

Gardez-vous un bon souvenir de votre premier entretien d’embauche dans la vente ?

Pour mon premier entretien, j’avais à peine 16 ans, mes souvenirs sont flous mais je me souviens en revanche que ma professeure m’a accompagnée et soutenue pour cette première épreuve professionnelle. Merci à elle.

Aujourd’hui, qu’est-ce qui vous fait lever le matin ?

On a tous autour de nous, des exemples de « seniors » qui ont du mal à trouver un travail satisfaisant. Pour ma part je suis reconnaissante car cela fait aujourd'hui 28 ans que je travaille chez Grain de Malice, et y rester autant de temps n’est pas un hasard. Chaque journée est différente avec son lot de surprises, d'imprévus et de réussites. J’aime atteindre nos objectifs en équipe, et partager des échanges pour progresser et avancer ensemble.

Pour vous, à quoi ressemble le « plaisir de la vente » ?

Pour moi, un des plus beaux plaisirs de la vente, un des plus satisfaisants, est de voir des étoiles dans les yeux de ma cliente quand elle se regarde dans le miroir, la voir repartir heureuse et avec le sourire, et qu’elle se sente belle.

Quelle est la vente la plus inattendue ou mémorable que vous ayez conclue ?

Sosie de Vincent McDoom ! Très troublant ! Est-ce lui ou pas ? En fin de journée, cette personne discrète et d'une gentillesse incroyable cherchait une tenue pour le soir même, une tenue habillée. Elle voulait être belle de la tête aux pieds. Challenge réussi ! Elle est partie heureuse comme une petite fille qui avait des paillettes dans les yeux ! Quant à moi, je suis restée étonnée de la ressemblance de cette personne avec Vincent McDoom ! Un vrai rayon de soleil, inspirant !

Avez-vous des clients préférés ?

Bien-sûr, au fil du temps s'installent : des amitiés, des fidélités, complicités… Une certaine proximité fait que certaines clientes arrivent à percevoir aussi notre état émotionnel et cela me touche de recevoir de leur part un mot gentil, ou simplement un bonjour sincère. J’avoue que ce qui est le plus flatteur, c'est quand une cliente vous cherche et est presque déçue de ne pas vous trouver en magasin : « Oh ! Rosa n’est pas là ? »

Quelle est la compétence technique que vous avez le plus affûtée au fil des années ?

Ce que je trouve le plus incroyable dans notre métier, c’est l’évolution des matières textiles, et c’est un sujet qui demande une certaine technicité et une solide connaissance afin d’apporter le meilleur conseil à notre cliente (confort, entretien…). J’ai aussi appris à être beaucoup plus technique face notamment aux différentes nouvelles coupes de jeans. Nous en avons aujourd’hui plus d’une dizaine en magasin alors qu’il n’en existait qu’une à mes débuts. Et dans notre monde actuel, on ne rigole pas avec le rendu d’un jean !

Les qualités ou compétences liées à votre métier dont vous êtes le plus fière ?

Avec autant d'années dans le métier, j'apprends tous les jours autant humainement que professionnellement. La morphologie a évolué dans le temps car la femme a évolué, elle sait ce qu'elle veut. Apprendre encore, savoir vendre, être curieuse, patiente, professionnelle, garder le sourire… est tout un art.

Ce que j’aime par-dessus tout, c’est faire un diagnostic précis et pointu dans un premier temps dans ma tête, et ensuite le partager avec ma cliente. Ce « bilan » va être à la fois basé sur sa morphologie, sa colorimétrie et aussi sur son énergie, son caractère. Et en fonction de tout cela, je peux lui apporter un maximum de conseils pour qu'elle se sente belle et bien. Et souvent, elle me fait suffisamment confiance pour sortir, avec succès, de sa zone de confort.

Comment éduque-t-on son œil au quotidien pour toujours proposer la silhouette parfaite à un client ?

Nous avons la chance de pouvoir faire des formations en présentiel (morphologie, colorimétrie…) mais aussi des formations en e-learning (sur les matières, les coupes…). Nous avons aussi de nombreux documents à notre disposition qui déterminent la tendance Grain de Malice et bien sûr rien n’est mieux que de s'enrichir soi-même par le biais des magazines, des réseaux… Avec de l'entrainement, de l'application au quotidien, de l'écoute, savoir ce que la cliente recherche… on arrive à un résultat satisfaisant de la part de la cliente par son sourire.

Ce que l'on ne suspecte pas sur le métier de vendeur ?

Je me dis que si la cliente ne suspecte rien ou peu, c’est que notre travail est bien fait ! Notre métier est un métier passion et nous nous devons de proposer à notre cliente, un magasin, une collection, une équipe qui vont la séduire.

Ensuite évidemment il y a une face cachée : beaucoup de manutention avec les colis et les merch et une grosse partie sur la gestion des émotions, des joies et des frustrations, voire des mécontentements. Mais je pense surtout que j’aimerais changer le regard des gens sur mon métier. Être conseillère de vente est un choix, un don, une passion. Ce n’est pas une voix de garage. Il faut avoir du tact, de la patience, de l’empathie, du discernement, de l’endurance, de la résilience et bien d’autres choses encore. C'est ça qui est fou, car nous devons être tellement polyvalents, qu’il y a toujours un domaine dans lequel on peut encore évoluer.

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Cet entretien a été réalisé par écrit.

Grain de Malice
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