Le BHV Marais demande son redressement judiciaire sur fond de litige avec le bailleur Brookfield
Quatre mois après la reprise par la nouvelle équipe dirigeante du BHV Marais, celle-ci demande son placement en redressement judiciaire. Raison invoquée : les indemnités dues par le bailleur Brookfield Asset Management n’ont pas été versées.
Après s’être embourbée dans un partenariat avec la marque d’ultra fast fashion Shein, la Société des Grands Magasins (SGM), dirigée par Frédéric Merlin, a cédé le fonds de commerce du BHV Marais à quatre membres de son équipe dirigeante, emmenés par Karl-Stéphane Cottendin : Valérie Chaleyssin, Medy Ty et Élodie Nho.
La reprise concerne l'exploitation commerciale du magasin. Les murs, eux, sont détenus depuis janvier 2026 par Brookfield Asset Management, un groupe canadien spécialisé dans l'investissement et la gestion d'actifs immobiliers.
Aux dernières nouvelles (juillet 2026), la nouvelle direction du BHV Marais annonçait une restructuration de son offre autour de la maison pour « devenir le grand magasin de référence de la maison et de l'art de vivre à Paris ».
Le 27 octobre 2026 met à mal cette ambition avec l'annonce d'une demande de placement en redressement judiciaire auprès du tribunal des activités économiques. Ce « afin de sécuriser le plan de relance et de préserver l’activité et l’emploi ».
Quid du différend financier entre le BHV Marais et le bailleur Brookfield ?
« Ce qui manque aujourd’hui à ce magasin, c’est la trésorerie qui lui est due », explique Karl-Stéphane Cottendin, dans le communiqué.
Selon la direction, le projet s’appuyait sur un plan d’investissement financé par des indemnités contractualisées en échange de la restitution au bailleur, au printemps, de plus de la moitié du magasin.
Le hic : depuis juillet 2026, Brookfield conteste devoir une quelconque somme, invoquant des conditions de mise en conformité non remplies.
Selon une dépêche AFP publiée le 27 octobre, le bailleur affirme que le versement des indemnités est conditionné à la restitution conforme des espaces, avec des travaux de mise en conformité à la charge du BHV. Il considère que ces obligations ne sont pas remplies. Brookfield rejette donc la responsabilité que lui attribue la direction du grand magasin.
De fait, la direction explique ne plus disposer des liquidités suffisantes pour financer deux opérations : les investissements nécessaires au redéploiement commercial et le traitement des dettes antérieures.
Le bailleur Brookfield doit-il des indemnités à la nouvelle direction du BHV Marais ? La question sera tranchée par la justice.
Le BHV entend poursuivre sa relance sous protection judiciaire
En attendant, la direction assure vouloir continuer. Le magasin reste ouvert. L'équipe dirigeante poursuit le plan de relance commerciale. À date de publication, aucun jugement d'ouverture du redressement judiciaire n'est annoncé.
Les conséquences de cette demande de placement en redressement judiciaire seraient le gel des dettes antérieures et la sécurisation des nouveaux fournisseurs qui bénéficieraient d'une protection juridique particulière pour les créances nées après l'ouverture de la procédure.
Facteur aggravant : selon la direction du BHV Marais, les troubles survenus à la suite de la manifestation du 17 octobre 2026 ont entraîné des pillages au rez-de-chaussée du magasin et donc une perte de trésorerie. Un fait observé et relaté à FashionUnited par le président de la FNH à la suite des évènements.
« Le redressement judiciaire est un cadre technique : c’est une étape stratégique du plan de restructuration, une décision réfléchie qui s’inscrit dans la vie et la relance de l’entreprise », rassure le président qui annonce notamment une quarantaine de marques revenues et l'ouverture de pop-up stores en novembre.
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