Petits colis : 70 % des produits contrôlés "non conformes" et 45 % "dangereux", selon Serge Papin
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Paris (France) - La Répression des fraudes a contrôlé en un an 700 références de produits vendus en ligne notamment par les plateformes asiatiques comme Shein et Temu, dont 70% ont été jugées non conformes et 45% dangereuses, a annoncé jeudi le ministre du Commerce Serge Papin.
Face à l'afflux massif de "petits colis" en provenance d'Asie, la DGCCRF (Direction générale de la concurrence, de la consommation et de la répression des fraudes) avait décidé en avril 2025 de "tripler les contrôles et les prélèvements et les analyses" sur les articles des plateformes d'e-commerce, a rappelé Serge Papin sur Europe 1/CNews.
Depuis, ce sont "700 produits qui ont été prélevés, contrôlés, analysés", a-t-il ajouté. Résultat, "70% de ces 700 produits sont non conformes et 45% sont dangereux, pour la santé, pour l'environnement (...) avec de la toxicité", a affirmé M. Papin.
Sollicité par l'AFP, son ministère a précisé que "l'enquête globale" serait détaillée "dans les toutes prochaines semaines" et que les 700 références analysées, contre environ 200 par an auparavant, concernaient au total des "centaines de milliers de produits".
Les objets analysés ont été soumis à toute une batterie de tests pour vérifier les allégations commerciales associées, leurs caractéristiques et leurs composants, souligne le ministère.
Pour M. Papin, les résultats de ces contrôles prouvent qu'"il faut éveiller la conscience" des consommateurs "parce que le non respect des normes, c'est le modèle de ces plateformes (asiatiques, NDLR). Donc attention bien sûr quand vous commandez", a-t-il lancé.
Depuis le 1er mars, la France a mis en place une taxe de deux euros par catégorie d'articles achetés sur une grande plateforme d'e-commerce pour freiner le flux massif des "petits colis", d'une valeur de moins de 150 euros, jusqu'à présent exemptés de droits de douane, en provenance de Chine.
Mais les acteurs visés par ce dispositif - Shein, Temu, AliExpress, etc. - sont accusés de contourner cette taxe en expédiant par avion les marchandises dans des pays européens non concernés par cette taxe, puis en les acheminant par la route jusqu'en France. "Ça prouve bien qu'ils sont malhonnêtes", a estimé M. Papin, rappelant que le gouvernement vient, en réponse, d'étendre les pouvoirs des agents des douanes.