Petits colis : chute des envois en France entre juin et août depuis la taxe européenne
Paris - Le gouvernement a indiqué mercredi que le nombre de petits colis envoyés en France avait chuté entre juin et août, d'après les montants de TVA déclarés, y voyant des "résultats tangibles" de la mise en place d'une taxe européenne en juillet.
Les montants de TVA déclarés ont plongé de 48 % entre juin et août pour les petits colis en France, selon le ministre de l'Action et des Comptes publics David Amiel.
Cette chute est à considérer à la fois en termes de volumes et en valeur des petits colis vers la France des sites tels Shein, Temu et AliExpress, a précisé son cabinet à l'AFP, lors d'une conférence de presse à Bercy.
Depuis le 1er juillet, l'Union européenne a imposé une taxe de 3 euros sur chaque catégorie de produits contenus dans les colis importés d'une valeur inférieure à 150 euros.
En outre, des "frais de traitement" de 2 euros vont s'y ajouter dès le 1er novembre, avec les mêmes modalités, dans l'optique de financer le renforcement des contrôles douaniers.
Près de 5,9 milliards de petits colis sont entrés dans l'Union européenne en 2025, soit plus de 180 chaque seconde. C'est quatre fois plus qu'en 2022. Sur ce total, 93 % provenaient de Chine, généralement via des sites comme Shein, Temu, AliExpress.
Face à une telle avalanche de marchandises, qui creuse le déficit commercial européen, il est impossible de contrôler systématiquement les colis. Cela permet à des produits dangereux ou contrefaits de passer entre les mailles du filet.
Industriels et commerçants européens dénonçaient de longue date une concurrence déloyale et plusieurs pays, France en tête, ont poussé l'Union européenne à agir pour endiguer le phénomène.
Mercredi à Bercy lors de la même conférence de presse, le ministre du Commerce Serge Papin s'est également félicité de la baisse de fréquentation de Shein (-42 %), Temu (-36 %) et AliExpress (-10%) sur le mois de juillet "et une baisse des ventes en valeur" de l'ordre de -25 % sur le mois de septembre. "Ces chiffres envoient des messages forts, que notre action a des effets", s'est-il réjoui.
"Nous avons encore du travail", a toutefois nuancé M. Amiel car "les opérateurs adaptent leur logistique et les enquêtes prenant du temps".
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