À table ! Lidewij Edelkoort s'inspire de l'univers culinaire pour les tendances printemps-été 2027
« Ce métier devient chaque jour plus difficile », confie Lidewij Edelkoort sur scène, lors de son séminaire de tendances pour le Printemps-Été 2027 à Modefabriek (Amsterdam), évoquant le poids de l’incertitude mondiale. « Mais nous continuons de chercher à décrypter les choses, le monde et notre savoir-faire. Il faut persévérer. Rien n’est encore perdu. Je reste intimement convaincue qu'il y a de l'espoir. »
Edelkoort enchaîne ensuite sa conférence avec un point de départ étonnamment salvateur pour ses prévisions : « J'espère que vous aimez manger. »
« Le livre de recettes de la couleur » pour le printemps-été 2027
La culture du fromage
Des tons neutres et lumineux, aux reflets gris-jaune inspirés des nuances fromagères, s'imposent comme une direction chromatique inédite et sophistiquée. Cette palette s'accorde naturellement avec le blanc, mais aussi avec le bleu (évoquant les veinures des fromages persillés) ou le gris. Cette dernière combinaison est, selon Edelkoort, « tout à fait inhabituelle et d'un grand raffinement ». Elle s’inscrit dans la mouvance d'un minimalisme persistant, porté par l'influence de l'esthétique des sœurs Olsen.
L'artisanat du noir
Ici, l’inspiration puise dans l’ail fumé et les légumes rôtis, faisant écho à une fascination plus large pour l’artisanat, le mysticisme et la sorcellerie. Le noir se décline en de multiples expressions textiles, jouant sur les textures grâce à des jeux de transparences et de dentelles sombres.
La taille devient le point focal de la silhouette, souvent soulignée par des jeux de drapés serrés ou accentuée par une ceinture. On note d'ailleurs le grand retour de la double ceinture. Cet accessoire rappelle à Edelkoort une ceinture enveloppante devenue un véritable best-seller à l'époque où elle travaillait — il y a de cela « très longtemps » — pour le grand magasin De Bijenkorf.
La curiosité du vêtement
On découvre des pastels sombres d’une opulence gourmande — presque outrancière — comme un vieux rose qui gagne ici une profondeur inattendue. « Une superposition de beauté sur beauté », évoquant une forme de romantisme d'autrefois qui s'exprime dans l'abondance du stylisme. Ces pastels « salis » ou sourds se marient idéalement avec des nuances chocolatées.
Le goût des origines
S'inspirant d'ingrédients de la cuisine colombienne et mexicaine, une famille de teintes douces mais neutres apparaît dans des tons de jaune, d'orange et de violet rappelant le maïs coloré et les patates douces. Ces couleurs peuvent être mélangées librement et s'associent harmonieusement.
La « sensation sandwich » : l'art de l'empilement
Edelkoort a également introduit un concept chromatique et structurel baptisé « la sensation sandwich ». Pour l'illustrer : l'image d'un club-sandwich vertigineux, multipliant les couches de pain et de garnitures. Derrière cette métaphore gourmande se cache une philosophie de création : l'utilisation des « restes des restes » (le recyclage des surplus de matières).
Dans le vêtement, cette tendance se traduit par une superposition multicolore, un retour en force du crochet et des architectures textiles complexes. Elle a appuyé sa démonstration avec un look d'archive signé Viktor & Rolf, qu'elle décrit comme « une forme d'empilement à l'état pur, totalement aléatoire ».
La consommation de gris
Le gris s'étend sur un large spectre pour le printemps-été 2027, allant de nuances presque noires à des tons teintés de mauve inspirés de la céramique, des métaux (« le nouveau métal pourrait être l'étain ») et des textiles teints. La couleur s'associe naturellement avec le beige. Une autre belle combinaison est le gris associé à un bleu sourd et un marron adouci dans une seule et même tenue.
Selon Edelkoort, le retour du gris est étroitement lié à la nécessité de réintroduire le layering dans la mode. « Aujourd'hui, tout est plat dans un magasin », note-t-elle, en faisant référence aux vêtements qui sont au même niveau visuel/sur le même horizon lorsqu'on y regarde de plus près. « Il n'y a rien de plus ennuyeux, évidemment, que d'avoir des vêtements de la même longueur les uns sur les autres, car on ne peut pas jouer. » La mode ne bouge plus.
Pour le printemps-été 2027 - ou dès maintenant, Edelkoort incite son public à réintroduire « le processus de layering ». « Les différences de longueur créent également un message plus complet dans la façon dont les gens s'habillent. »
Autres couleurs tendance pour le printemps-été 2027 :
Lait - plus panna cotta que blanc lait de vache éclatant - symbolise la pureté, la simplicité et une beauté discrète. En même temps, cette nuance porte une nouvelle sensualité, influencée par une scène du film Babygirl.
Agrumes apparaît comme une couleur forte - sur une image montrée au public, un pantalon jaune citron éclatant porté par un mannequin à la peau foncée et torse nu. La couleur s'étend à une palette plus large allant du jaune citron pur aux tons jaune-vert et orangés.
Violet s'étend de l'aubergine et des violets terreux aux tons encre et se marie particulièrement bien avec le vert. L'indigo comestible sur l'une des photos d'Edelkoort introduit une note bleue inattendue.
Vert puise directement dans la richesse visuelle des légumes, avec la laitue pommée et le poireau en tête d'affiche.
Les orientations mode de Lidewij Edelkoort pour le printemps-été 2027 issues de The Food of Fashion
La mode fibreuse
Dans la tendance « Fibrous Fashion », le layering, ou superposition, s'impose comme le langage de conception dominant. Le textile y est traité comme un médium tridimensionnel, sculpté par des jeux d'enveloppement, de fronces, de smocks, de plis et de broderies. Sur l'écran que présente Edelkoort, l'image d'une manche Jacquemus en lin, enroulée au poignet et s'évasant en corolle telle un champignon, illustre parfaitement cette approche tactile.
« Une vaste étendue de matière concentrée », selon les mots d'Edelkoort. Ici, le volume n'est pas ajouté : il est compressé pour obtenir des proportions plus petites et maîtrisées. Le résultat est ce qu'elle appelle « une forme d'opulence semi-contrôlée ».
La mode frugale
Ce mouvement a commencé il y a environ un an et demi et marque une nette rupture avec le streetwear. À sa place émergent le « cultural workwear » et une manière de s'habiller plus fonctionnelle et surtout plus formelle. Edelkoort : « Toujours imprégné de fantaisie, d'humour, très cool, de couleurs incroyables et de layering. »
Les contenants alimentaires apparaissent comme une nouvelle référence pour le design des vêtements d'extérieur. Les boîtes à lunch - qui reflètent également notre époque économique, où l'on transporte sa propre nourriture, souligne Edelkoort - inspirent des formes, des matières et des détails utilitaires, donnant naissance à des silhouettes telles que des manteaux en cuir ciré à l'esprit « pique-nique urbain ». Les tissus teints et les finitions audacieuses ajoutent une touche graphique.
La mode frénétique
La tendance « Frenetic Fashion » explore des silhouettes capricieuses et agitées, puisant son énergie organique dans la forme des piments et des poivrons. Il en résulte des « vêtements qui semblent doués d’une vie propre ». Ici, les volumes s’émancipent du corps, structurés par des matières denses et des constructions sculpturales. La transparence occupe une place centrale, venant contraster avec la brillance extrême des cuirs vernis et des surfaces enduites — une esthétique que l'on retrouve chez des créateurs comme Balenciaga ou Jil Sander.
Autres orientations pour le printemps-été 2027 :
Le Charme du marché fermier : Cette tendance célèbre le réconfort émotionnel né de la convivialité, du partage et du lien humain. La beauté du quotidien occupe le devant de la scène. La mode prône l'honnêteté à travers des traces d'usure visibles, avec des vêtements fonctionnels conçus pour être portés, pour travailler et pour vivre, finis avec une simplicité graphique. Pensez aux carreaux vichy, aux motifs de mouchoirs, aux vêtements de fermiers traditionnels comme les tabliers et les illustrations.
Frolic Fashion : L’allégresse des baies : Inspirée par la gourmandise des fraises, des cerises et des baies sauvages, cette esthétique s'exprime à travers des teintes tendres de rose, de blanc et de rouge. Le style est dicté par des jeux de smocks, des tissus ajourés et des transparences délicates. Edelkoort illustre cette silhouette — à la fois candide et aérienne — par l’association audacieuse de chaussettes en maille rose ajourée portées dans des talons hauts : un look résolument coquette et empreint de légèreté.
L’Inde version « Mocktail » : Edelkoort souligne un regain d'intérêt pour la culture indienne, exprimé à travers l'univers des boissons et des mocktails. Les ingrédients salés, les céréales, les herbes et les fleurs façonnent une palette raffinée de verts, de tons crémeux et de teintes douces à base de lait, ainsi que des touches ou des finitions métalliques. Comme le note Edelkoort, c'est une « mode très élégante, dérivée/inspirée des saris indiens, mais qui n'ont pas besoin d'être des saris ».
Beauté Shaker : La pureté retrouvée : Côté beauté, Edelkoort annonce un basculement vers ce qu’elle nomme une « santé éclatante », en rupture totale avec l’esthétique artificielle actuelle. Ce mouvement s’intègre dans la tendance Flirting Fashion, influencée par la culture Shaker, qui prône la pureté, la retenue et l’équilibre naturel. Pour la mode, cela se traduit par une nouvelle grammaire vestimentaire axée sur la sobriété, particulièrement visible dans le travail de la chemise d’homme, du tailoring et des jupes structurées.
Interrogée lors d’une séance de questions-réponses sur l’avancée de la mode écoresponsable, Edelkoort ne mâche pas ses mots : « Pour être honnête, c’est le néant. » Ni au niveau mondial, ni au sein même de l’industrie. « La question a été mise en veilleuse face aux bouleversements qui secouent le monde actuel. »
« Je n’attends pas grand-chose de l’industrie de la mode », affirme la papesse des tendances. Selon elle, la durabilité authentique consisterait à créer des pièces d’exception, façonnées dans des matériaux nobles capables de traverser trois ou quatre décennies, avant d’en recycler la matière, comme cela se faisait couramment autrefois.
Elle estime que le véritable changement doit venir de nous, les consommateurs : par le partage des connaissances, la publication et l'éducation des étudiants, citant la Finlande comme exemple où la consommation et les compétences de vie sont enseignées dans les écoles.
Mais il y a aussi de l'espoir. Elle raconte l'histoire d'un tisserand de laine italien qui travaille avec 99 % de laine recyclée et envoie même des camionnettes pour collecter les chutes de matières chez ses clients, une entreprise familiale dont l'héritage remonte à la guerre. Edelkoort : « Donc, c'est [la mode durable] possible. »
p>Sources :
- Présentation des tendances par Lidewij Edelkoort à Modefabriek, le lundi 19 janvier 2026.
- Des outils d'IA ont été utilisés comme aide à la rédaction.
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