La mode s'empare de la Design Week : les marques estompent la frontière entre podium et intérieur
Le croisement entre la mode et la maison n'est pas nouveau. Des couvertures Hermès aux serviettes Missoni en passant par les céramiques Versace, les marques de luxe ont depuis longtemps étendu leur identité au-delà du vêtement. Mais cette année, lors de la Milan Design Week (Italie), qui se déroule en parallèle de la 64e édition du Salone del Mobile, ce rapprochement a atteint un nouveau niveau d'ambition et de visibilité.
La relation entre la mode et le design n'est plus une parenthèse ou un événement saisonnier. C'est une présence stable, désormais ancrée dans l'idée même du Fuorisalone, et de plus en plus difficile à dissocier. Le résultat est un programme à l'échelle de la ville où les frontières entre les disciplines se sont presque dissoutes.
Loro Piana
Chez Loro Piana, la maison a présenté « Studies, Chapter I: On the Plaid » à son siège milanais, via Moscova. Vingt-quatre pièces uniques, différenciées par leurs techniques, leurs constructions et leurs finitions, ont été confectionnées à partir des fibres les plus nobles de la maison, la vigogne, le baby cachemire et le cachemire, ainsi que du lin et des tissus innovants, chacune étant réalisée exclusivement sur demande. Cela rappelle que les mêmes matières qui composent la collection de maille d'une saison peuvent être appliquées avec la même rigueur artisanale aux objets qui meublent une maison. Les pièces n'étaient disponibles à l'achat que pour les clients de ses boutiques, ce qui les rendait très exclusives.
Chez Prada Home, une présentation en édition limitée de récipients en céramique japonaise, réalisés par les artistes japonais Taira Kuroki (Kyoto), Shion Tabata (Karuizawa), Yuichi Hirano et Koichi Ohara (Tokoname), était exposée, sous la direction de Theaster Gates. Les œuvres s'inspirent de la tradition du Chawan, le bol à thé cérémoniel du Japon, ancrant la collaboration autant dans l'artisanat et le rituel que dans l'esthétique.
La présence de Prada au Salone s'étend encore plus loin. Pour sa cinquième édition, le symposium annuel Prada Frames, organisé par Formafantasma, se déroule sous le titre In Sight. Des conférences et des conversations ont lieu à Santa Maria delle Grazie pour explorer la création d'images en tant que force culturelle, politique et matérielle.
Moncler x Corso Como 10
Moncler, de son côté, a adopté une approche plus viscérale. Au 10 Corso Como, une pieuvre gonflable géante s'enroule autour de la façade du bâtiment, réinterprétant l'esthétique signature de la doudoune de la marque dans un pop-up immersif qui brouille les frontières entre mode, installation et retail.
Chez Issey Miyake, le designer Satoshi Kondo a transformé les déchets en une proposition architecturale. En collaboration avec le cabinet espagnol Ensamble Studio, le projet, intitulé The Paper Log: Shell and Core, utilise les rouleaux de papier compressé restants de la production de vêtements plissés de la maison et y trouve deux possibilités distinctes : l'une intime et mémorielle, l'autre structurelle et fonctionnelle. Le résultat est à la fois une installation et un prototype, et s'inscrit parfaitement dans la conviction de longue date de Miyake que le processus et le matériau ne sont jamais anodins.
Bottega Veneta, sous la direction de la directrice de la création Louise Trotter, collabore avec l'artiste coréen Kwangho Lee sur Lightful, une installation in situ dans la boutique de la marque Via Sant'Andrea. Elle présente des structures tissées suspendues et des sculptures lumineuses fabriquées à partir des lanières de cuir fettucce de la maison. Gucci, sous la direction de Demna, a présenté Memoria aux Chiostri di San Simpliciano, une exposition immersive retraçant les 105 ans d'histoire de la maison à travers douze tapisseries et une installation de jardin réimaginant le motif Flora dans un environnement tridimensionnel. Ailleurs dans la ville, Hermès, Jil Sander, Saint Laurent, Balenciaga, J.W. Anderson, Isabel Marant et Chloé présentent également leurs créations sous diverses formes.
Dans un registre plus démocratique, Zara présente Calma, une installation immersive dans la néoclassique Palazzina Appiani du Parco Sempione, une expérience reposante et sensorielle conçue comme un refuge face à l'énergie de la semaine. H&M, de son côté, a annoncé un nouveau partenariat avec l'architecte et designer américaine Kelly Wearstler, ajoutant une nouvelle collaboration entre mode et décoration d'intérieur à un calendrier déjà bien rempli.
La démocratie du design
L'atmosphère du Salone est nettement différente de celle de la Fashion Week. Alors que les défilés sont transactionnels, axés sur les commandes, la presse et la dynamique commerciale, le Fuorisalone est plus décontracté et convivial, sans le drame de la mode. La plupart des événements ne nécessitent qu'un code QR pour y accéder. Comme l'a dit un directeur de la création d'une maison de luxe : c'est plus démocratique, et beaucoup plus amusant.
C'est précisément cette ouverture qui rend la semaine de plus en plus centrale dans la communication des marques de mode. Sans objectifs de vente et sans critiques, la Milan Design Week est devenue l'espace où les maisons peuvent exprimer leur façon de penser, et pas seulement ce qu'elles fabriquent et vendent.
Cet article a été traduit à l'aide d'un outil d'intelligence artificielle, puis vérifié et édité par un journaliste de FashionUnited.
FashionUnited utilise des outils linguistiques d'intelligence artificielle pour accélérer la traduction et la relecture des articles d'actualité afin d'améliorer le résultat final. Nos journalistes gagnent ainsi du temps et peuvent se consacrer à la recherche et à la rédaction d'articles originaux. Les articles traduits à l'aide de l'IA sont soigneusement examinés par un rédacteur de notre équipe. Pour toute question ou remarque, n'hésitez pas à nous écrire à info@fashionunited.com.