Mouvement social : la mode passe-t-elle à côté des attentes de la Gen Z ?

Mode|Opinion
Manifestation du 24 octobre 2026 Credits: F. Julienne
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Depuis le 21 septembre 2026, lycéens et étudiants manifestent dans les villes de France pour revendiquer de meilleures conditions dans les établissements scolaires publics et la fin de Parcoursup, jugé inégalitaire.

Leurs revendications, d’abord ignorées par le gouvernement, ont entraîné un tel chaos – boutiques saccagées, pillées, relations houleuses et musclées avec les forces de l’ordre, etc. – que le Premier ministre a fini par annoncer des mesures destinées à calmer la situation.

Manifestation du 24 octobre 2026 Credits: F. Julienne

Finalement, cette Gen Z, que beaucoup pensaient abrutie par les réseaux sociaux, a montré une force de caractère inattendue, des esprits éveillés et une façon de s’exprimer sans concession envers leurs aînés.

Et d’ailleurs, certains se plaisent à penser que si on ne leur avait pas retiré leur téléphone portable au lycée, ces jeunes n’auraient peut-être pas levé les yeux sur la réalité qui les entoure, ne se seraient peut-être pas parlé pour, finalement, se rassembler en masse.

Manifestation du 24 octobre 2026 Credits: F. Julienne

Cet état de fait invite à penser que notre secteur d'activité, qu’est la mode, ne les a peut-être pas considérés à leur juste valeur.

La mode prétend savoir ce que la Gen Z consomme

Depuis déjà plusieurs années, les marques les voient comme des cibles marketing, réduisant leurs prospectives à une finalité : leur comportement d’achat.

Manifestation du 24 octobre 2026 Credits: F. Julienne

Société de consommation oblige, les tendanceurs ont cherché à les communautariser pour les ranger dans des cases, à les assimiler à des « tribus » de consommateurs.

Les marques de mode, à force d’images et de slogans alléchants, ont tout fait pour embarquer cette jeunesse, première consommatrice de mode, autour de leurs « valeurs de marque », valeurs qui se résument parfois à quelques syllabes : la famille, la nature, les voyages, etc.

Mais s’est-elle posé la question de ce à quoi la Gen Z aspire ?

Quand on apprend que leur problème, ce sont les rats dans les couloirs des lycées, c’est à se demander si la lutte contre l’ultra-fast fashion n’est pas le discours d’une classe bourgeoise bien pensante qui veut sauver (à raison) son écosystème sans se soucier des réalités auxquelles sont confrontées ces nouvelles générations.

Manifestation du 24 octobre 2026 Credits: F. Julienne

Les protéger face aux dérèglements climatiques et à la casse sociale, oui. Mais pour les emmener où ? Les priorités défendues par l'industrie de la mode correspondent-elles aux préoccupations concrètes des jeunes auxquels elle s'adresse ? La question se pose.

Manifestation du 24 octobre 2026 Credits: F. Julienne

Ces manifestations sont peut-être l’occasion de se poser des questions sincères sur l’offre et la demande. L’occasion de s’interroger sur la prépondérance du luxe dans les médias à l’heure où une certaine partie de la jeunesse française se tourne vers la soupe populaire. L’occasion de repenser un système de mode où certains monopolisent la parole, tandis que d’autres restent invisibles.

Et si, avant de chercher à leur vendre un autre monde, nous commencions par écouter ce que les jeunes générations attendent de notre société ? Parce qu'elles remettent ça le 31 octobre.

Manifestation du 24 octobre 2026 Credits: F. Julienne
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