Ni plumes Ni cuir : Schiaparelli ouvre la Haute Couture printemps-été 2026 sans matière animale
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La semaine de la Haute Couture printemps-été 2026, qui se tient du lundi 26 janvier au jeudi 29 janvier 2026, s’est ouverte à Paris avec le défilé Schiaparelli. Intitulée The Ecstasy and the Agony, la collection explore des figures animales qui, à première vue, pourraient sembler organiques, mais qui s'avèrent être une démonstration de puissance technique qui ne recourt à aucun matériau d’origine animale.
Daniel Roseberry, directeur artistique, explique avoir imaginé cette collection à la suite d’une retraite créative à Rome, ponctuée d’une visite impromptue de la chapelle Sixtine. Un moment fondateur, dit-il, au cours duquel il aurait cessé de se demander à quoi la collection devait ressembler, pour se concentrer sur ce qu’elle devait faire ressentir.
Les figures animales s’imposent alors comme des archétypes de couture : « Les traits vifs et les gribouillages rapides sont devenus des queues de scorpion. J’ai dessiné des dards et des crochets de serpent, des archétypes chimériques de la couture avec du venin tissé à l’intérieur même de leurs silhouettes », écrit-il dans le manifeste accompagnant la collection.
Des plumes sans oiseaux : vers une Haute Couture respectueuse de la condition animale ?
Les plumes, omniprésentes visuellement, sont réalisées en soie, peintes à la main, travaillées à l’aérographe ou figées dans la résine. Elles composent des têtes d’oiseaux sculpturales dont les becs sont moulés en résine et les yeux sertis de cabochons de perles.
Les silhouettes mobilisent tulle superposé, organza, dentelle découpée à la main et cristaux de verre, parfois dissimulés sous des couches de tulle néon pour produire un effet de sfumato (technique qui consiste à estomper les contours et à fondre les couleurs entre elles).
Le résultat brouille volontairement la perception : ce qui semble plume, cuir ou matière organique relève en réalité du trompe-l’œil et du savoir-faire des ateliers.
« Je savais que ces créatures reptiliennes et arachnides, ces “infantas terribles” comme je les ai appelées, deviendraient les héros de la collection, ajoute Daniel Roseberry. Des oiseaux en plein vol, défiant la gravité, audacieux par la couleur, explosifs par la silhouette. » Comprenez : des figures féminines de pouvoir sans qu’aucune souffrance n’ai été infligée à un être vivant.
En ouvrant la saison de la Haute Couture avec cette faune artificielle, Schiaparelli propose une couture qui ne célèbre pas la nature par l’exploitation de ses matières, mais par leur réinterprétation. Les autres défilés seront-ils de la même trempe ? Réponse le 28 janvier.