Valette Studio : quand l’atelier de fabrication structure une marque de mode indépendante
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Pour PFW janvier 2026, le couturier Pierre-François Valette a revendiqué, dans un manifeste, l’interdépendance entre son atelier de fabrication - ouvert à des marques tierces - et le développement de sa propre griffe, faisant de la collection automne-hiver 2026/2027 le prolongement direct de son outil de production.
Dans un manifeste, le couturier Pierre-François Valette a exprimé cette interdépendance : « Créer n’a de sens que si l’on assume pleinement le processus de fabrication. Séparer l’idée du geste, le créateur de l’atelier, revient à produire des formes sans responsabilité et des vêtements sans âme ».
Une organisation cohérente avec le besoin identifié de marques, installées ou créateurs, de pouvoir faire réaliser des prototypes, des pièces pour la presse ou des petites collections en circuit court, comprenez à Paris.
Et un modèle aligné sur le fait que les marques créateurs ne peuvent s’en sortir dans un contexte économique devenu difficile pour la mode (et pas que). Certains choisissent de dessiner pour une autre marque, de faire des jobs alimentaires ou de vivre chichement. Pierre-François Valette préfère mettre son savoir-faire au service d’autres maisons.
« On n’aurait pas un aussi bon atelier sans la marque, et on ne pourrait pas avoir la marque sans l’atelier, confie Pierre-François Valette à FashionUnited. Les gens ont parfois l’impression que les vêtements tombent du ciel. Il faut arrêter de croire que créer consiste juste à avoir des idées. Il faut savoir à qui et comment on confie la fabrication. Venez voir ce qui se fait en atelier. »
Cette stratégie lui a permis d’investir dans des machines de qualité et de bénéficier d’une équipe dévouée car assurée de pérenniser leur poste, dans une aventure à dimension humaine.
Valette Studio/ Valette Atelier : un choix assumé d’intégrer la fabrication dans le champ lexical d’une marque de mode
Ce management original est incarné par la collection automne-hiver 2026/2027 « Les Nouveaux Romantiques » qui surfe sur la mélancolie (sentiment propre aux romantiques) de voir l’image (la fame) prendre le pas sur le vêtement.
Résultat : une collection masculine et féminine sobre, parfaite illustration du savoir-faire de la maison, avec quelques points d’excellence : les bustiers féminins, les imprimés en 3D sur les jupes bouffantes réalisées en collaboration avec Teintures de France, le manteau-peignoir ou les robes et chemises volantées. Le tout réalisé dans des matières nobles comme le drap ou la gaze de laine.
Cette collection montre que fabriquer pour des marques aux identités et aux contraintes différentes nourrit la création. Cette confrontation quotidienne à des exigences variées affine le regard, renforce la maîtrise des volumes, des matières et des finitions, et rejaillit sur la collection propre. Ici, la fabrication n’est pas un support économique, mais un outil d’exigence créative.