Victoria Dartigues (Galeries Lafayette) : « Pour l'été 2027, on a envie d’une mode joyeuse et pétillante »

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Victoria Dartigues, directrice du département Achats Femme et Maroquinerie des Galeries Lafayette Credits: Galeries Lafayette
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Suite à la Fashion Week Paris octobre 2026, dédiée aux collections printemps-été 2027, FashionUnited a recueilli les premières impressions de Victoria Dartigues, directrice du département Achats Femme et Maroquinerie des Galeries Lafayette.

De son marathon pendant les Fashion Weeks aux tendances saisonnières qui se dessinent, elle revient sur les temps forts de cette saison et explique comment les équipes d’achat sélectionnent les marques, construisent leur offre et arbitrent leurs budgets.

En quoi consiste votre fonction ?

Victoria Dartigues : Mon rôle, en tant que directrice des achats, est de retranscrire la vision stratégique des Galeries Lafayette pour le prêt-à-porter féminin et les accessoires de mode.

L’idée est d'affirmer notre positionnement en tant que destination numéro un du luxe et de la mode pour le grand magasin Haussmann, mais aussi pour nos magasins du réseau. Et bien sûr, d'optimiser, que ce soit à la fois en chiffre d'affaires et en rentabilité, l'ensemble de nos partenariats.

Les achats sont un travail d'équipe, soit quatre responsables de marché et une quinzaine d’acheteurs. On réfléchit ensemble au meilleur parcours pour notre client pour, à chaque fois, le surprendre et faire en sorte que son expérience aux Galeries soit un moment unique et qu’il ait envie de revenir.

Quel est votre emploi du temps pendant la Fashion Week ?

La Fashion Week est un écosystème à 360 degrés. Durant un mois, on voit des défilés, des présentations, on va en showroom. Je fais Londres, Milan et Paris. Pour New York, une acheteuse de mon équipe s'est déplacée.

Ce sont de grands moments d'échanges. On comprend la stratégie et la vision des marques. En fonction de quoi, nous les articulons avec notre propre vision. En moyenne, pendant un mois, nous faisons quatre défilés et au moins quatre rendez-vous par jour.

Quelles sont, parmi tout ce que vous avez vu, les premières tendances qui se dessinent pour l'été 2027 ?

En prêt-à-porter, la jupe est incontestablement la pièce phare de la saison. Prada en a fait le manifeste de son défilé, explorant toutes ses variations, de la jupe crayon à la jupe plissée, de l’utilitaire à la plus sophistiquée. Cette tendance est également très présente chez Miu Miu, Dries Van Noten et Loewe.

Prada Ss 27 Credits: Launchmetrics/spotlight
Miu Miu SS27. Credits: ©Launchmetrics/spotlight
Loewe, SS 2027 Credits: Loewe.

La chemise et la blouse légère, parfois transparente ou inspirée de la lingerie, s’imposent également chez Chloé, Dior et Victoria Beckham, aux côtés du pantalon fluide chez Celine et The Row. Ce sont des pièces versatiles qui permettent de composer un vestiaire personnel, entre sophistication et liberté de styling.

Chloé SS27 Credits: ©Launchmetrics/spotlight
Dior SS27 Credits: ©Launchmetrics/spotlight
Victoria Beckham SS27 Credits: ©Launchmetrics/spotlight

Quels accessoires de mode printemps-été 2027 se distinguent ?

Les ceintures et les bijoux fantaisie occupent une place centrale, avec le retour de l’accumulation, des perles, des colliers colorés et des associations inattendues, notamment chez Celine et Dries Van Noten.

Le foulard et le bandana deviennent de véritables éléments de personnalisation.

Enfin, la chaussure retrouve une dimension féminine, joyeuse et expressive, entre tongs à talons, escarpins, nœuds et ornements, notamment chez Loewe, Saint Laurent et Jil Sander.

Loewe SS 2027. Credits: Loewe.
Saint Laurent SS27. Credits: ©Launchmetrics/spotlight

Les Fashion Weeks dédiées aux collections printemps-été 2027 ont-elles changé votre regard sur la mode ?

Ce que je trouve intéressant, c'est que nous sommes dans une mode créative, mais portable. Après le quiet luxury et le minimalisme, on avait envie de quelque chose de plus joyeux, de plus pétillant. C'est un vrai retour à la personnalité.

Chaque maison affirme aujourd'hui son ADN. Je suis presque moins capable de vous parler de tendances que de l'ADN de chacune.

Les couleurs sont de vraies prises de risque, parce qu'elles peuvent être beaucoup plus clivantes. Or, on en voit beaucoup. Les designers sont prêts à prendre ces risques sur des formes assez commerciales. C'est important, parce qu'il ne faut pas oublier la réalité du business et du contexte actuel.

Là où, auparavant, on pouvait dire « this is the look of the season », aujourd'hui, la cliente dit « ça, c'est mon look ». C'est ce changement qui est intéressant.

Comment ces tendances se traduisent-elles dans vos achats, notamment lorsque les grandes enseignes disposent de concessions aux Galeries Lafayette ?

Les marques qui sont en concession font elles-mêmes leurs achats. Mais tout l'intérêt de nous retrouver en showroom est d'échanger avec elles. Chaque grand magasin a sa spécificité de clientèle, son profil client. Nous pouvons donc comprendre comment elles construisent leurs achats et les orienter en fonction de ce que nous savons de notre clientèle.

Ce que nous voyons sur les podiums du luxe alimente notre lecture de l’ensemble des marques que nous voyons en showroom, du créateur encore confidentiel aux marques leaders du contemporain.

Avez-vous déjà identifié des griffes que vous souhaiteriez faire entrer aux Galeries Lafayette pour le printemps-été 2027 ?

C'est encore trop tôt pour présenter nos paris de saison. Les équipes sont toujours en showroom et nous avons encore des marques et des collections à découvrir.

Une fois tous les showrooms terminés, nous nous réunissons avec les équipes pour délibérer sur ce que nous avons vu et sur ce qu'elles peuvent nous apporter.

Il y a d'abord un travail de prospection, puis une mise en commun. Il faut comprendre ce qu'une marque apporte par rapport à une autre, quelle est la complémentarité de l'offre et comment éviter de cannibaliser ce que nous proposons déjà.

Pour la plupart, nous avons des marges de discussion jusqu'aux alentours du 15 ou du 20 octobre.

Comment construisez-vous votre budget d'achat ?

Nous travaillons en permanence sur un budget qui est probabilisé. Nous avons un budget de départ, puis nous réalisons plusieurs projections probables pour coller au mieux à notre atterrissage de saison.

C'est en fonction de cet atterrissage que nous pouvons cadrer le budget de la saison suivante. Le budget est d'abord défini au niveau du département, puis réparti par marque, en fonction des timings de showrooms et des livraisons.

Pour les espaces multimarques, notamment ceux consacrés à la jeune création et aux découvertes de la saison, nous conservons toujours une réserve budgétaire en fin de showroom. Cela nous permet de saisir une opportunité lorsqu'une proposition nous paraît particulièrement intéressante.

En revanche, les budgets des grandes maisons sont très cadrés en amont. Chaque acheteur doit ensuite les calibrer en fonction du poids des groupes de marchandises et des différentes lignes de produits.

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