Olivier Perruchot prend la tête de la Fédération de l’Horlogerie
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La Fédération de l’Horlogerie a annoncé la nomination d’Olivier Perruchot à sa présidence. L’information, révélée le 16 février 2026, marque l’arrivée à la tête de l’organisation d’un dirigeant issu du sérail du luxe horloger.
Un rôle pivot pour la filière en France
Créée en 1949, la Fédération de l’Horlogerie a pour mission de représenter et défendre les intérêts des marques distribuées en France, des fournisseurs de composants et des stations techniques. Elle agit comme interlocuteur auprès des pouvoirs publics, suit les évolutions réglementaires, accompagne les détaillants et contribue à structurer la profession sur des sujets tels que la formation, le service après-vente ou la lutte contre la contrefaçon. Dans un marché soumis aux cycles internationaux et à la dépendance vis-à-vis des groupes suisses, son rôle consiste à assurer un cadre cohérent pour les acteurs opérant sur le territoire français.
Le parcours d'un expert du haut de gamme
La nomination d’Olivier Perruchot s’inscrit dans ce contexte. Figure bien connue du secteur, il a passé vingt-deux ans au sein de Piaget, maison horlogère et joaillière fondée en 1874 et intégrée au groupe Richemont. Il y a exercé pendant seize ans les fonctions de directeur général. Son parcours l’a conduit à piloter le développement international de la marque, à gérer des réseaux de distribution sélectifs et à travailler au positionnement d’une maison située sur le segment du très haut de gamme.
Depuis 2019, il dirige Worldwide Luxury Consulting, cabinet spécialisé dans l’accompagnement des maisons de luxe. Cette activité de conseil lui a permis d’intervenir sur des problématiques de gouvernance, d’implantation internationale et d’organisation commerciale. Son profil combine ainsi expérience opérationnelle longue au sein d’une maison horlogère et vision transversale acquise dans le conseil.
Détaillants vs Maisons : le grand basculement de la distribution
Sa nomination intervient dans un moment particulier pour le secteur. Le marché horloger français reste dépendant des exportations suisses, la Suisse représentant l’essentiel des montres importées en valeur. Selon la Fédération de l’industrie horlogère suisse, la France figure parmi les principaux débouchés européens pour les montres helvétiques, même si les volumes peuvent fluctuer en fonction du tourisme et du climat économique. Les détaillants indépendants, quant à eux, doivent composer avec la montée en puissance des réseaux en propre des grandes marques et la transformation du commerce physique.
Les défis de la nouvelle présidence
Dans ce contexte, la Fédération de l’Horlogerie joue un rôle d’équilibre entre maisons internationales, distributeurs multimarques et ateliers techniques. Elle intervient notamment dans les discussions liées au service après-vente, à la disponibilité des pièces détachées et à la transmission des savoir-faire.
Le choix d’un ancien dirigeant de maison plutôt que d’un représentant du commerce de détail envoie un signal clair : il traduit la volonté de placer à la tête de l’organisation un profil rompu aux exigences des groupes internationaux. La capacité d’Olivier Perruchot à dialoguer avec les grandes maisons suisses, tout en comprenant les contraintes des distributeurs français, sera déterminante pour maintenir la fonction de médiation de l'organisation.
La prise de fonction d’Olivier Perruchot ouvre ainsi une nouvelle séquence pour la représentation professionnelle de l’horlogerie en France, à un moment où le secteur cherche à concilier héritage, distribution sélective et adaptation aux mutations du commerce.